16/07/2026 – L’océan, un exutoire pour les déchets radioactifs

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Ce sont des images saisissantes qu’a publiées le CNRS le 2 juillet dernier à la suite de sa mission exploratoire dans l’océan Atlantique : des fûts éventrés, colonisés par des organismes marins et gisant à plus de 4 700 mètres de profondeur.

Durant quatre décennies, entre 1946 et 1993, ce sont plus de 200 000 fûts de déchets radioactifs, pour une activité de plus de 45 000 térabecquerels [1] (TBq), qui ont été immergés dans les abysses de l’Atlantique Nord-Est par plusieurs pays dont la France [2]. En deux ans seulement (1967 à 1969) la France a rejeté en mer plus de 46 000 conteneurs soit 14 200 tonnes de déchets radioactifs provenant, d’après l’Andra, du site de Marcoule.

Si aujourd’hui l’immersion de déchets radioactifs nous parait une solution inacceptable, pour autant, le milieu marin est toujours utilisé par l’industrie nucléaire comme exutoire pour ces rejets radioactifs liquides. Alors que la convention de Londres et la convention OSPAR interdisent “l’évacuation en mer de toutes substances radioactives” [3], ce sont chaque année plus de 10 000 TBq de tritium [4] qui sont rejetés dans l’océan Atlantique par les industries nucléaires des pays européens. Plus de 80% de ce tritium provient des rejets de l’usine de retraitement de combustibles de La Hague. À cela s’ajoute environ 0,1 TBq d’émetteurs alpha et 10 TBq d’autres émetteurs béta.

Ces rejets-là ne se voient pas et ne défrayent pas la chronique. Ils mériteraient pourtant d’être pris en compte lorsqu’on dresse le bilan des déchets produits par cette industrie.

Rédaction : Marion Jeambun •


En savoir plus :


Notes :
[1] soit mille milliards de becquerels
[2] AIEA Bulletin, 2/1994 (p 14) : https://urls.fr/w_emWU
[3] Ibid
[4] Données de la commission OSPAR : https://urls.fr/GYs0hu

Photo en haut de page : Fût de déchets radioactifs et dispositif d’échantillonnage des sédiments déployé par le Nautile à 4.700 m de profondeur, en 2026 © Campagne NODSSUM, CNRS, Flotte océanographique française, Ifremer, Miso Facility/WHOI


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