Foire aux questions

Aliments

La cueillette du thym présente t-elle encore des risques sur le territoire français ?

Le thym, comme beaucoup de plantes aromatiques, est particulièrement sensible aux contaminations atmosphériques.

En 1986, du fait des retombées consécutives à la catastrophe de Tchernobyl, le thym a été contaminé par des substances radioactives, en particulier par le césium 137 et 134 et l’iode 131. Les mesures effectuées par la CRIIRAD ont montré que la contamination a atteint plusieurs milliers de becquerels par kilogramme voire plus. A l’époque les autorités auraient dû imposer des contrôles spécifiques sur le thym et des restrictions de consommation. Cette contamination a fortement décru dans les mois suivant la catastrophe.

En 2011, les retombées de la catastrophe de Fukushima ont entrainé une contamination du thym, en particulier par de l’iode 131, que la CRIIRAD a détecté par exemple en Ardèche (quelques Bq/kg). Les niveaux de contamination étaient très nettement inférieurs à ceux enregistrés en 1986 et ont rapidement diminué .

Dans la mesure où le thym est un bioindicateur particulièrement sensible aux pollutions atmosphériques et donc un aliment à risque, il est utile d’effectuer des contrôles radiologiques (analyse en laboratoire), si les échantillons proviennent de zones proches d’installations nucléaires ou en cas de retombées spécifiques liées à des accidents sur des installations nucléaires.

Les aliments ionisés sont-ils radioactifs ?

L’ionisation des aliments est un procédé utilisé pour améliorer leur conservation. Il consiste à les soumettre à de fortes doses de radiation dans des installations spécialisées. Normalement ce procédé ne contamine pas les aliments et ne les rend pas radioactifs.
Il pose cependant de nombreuses questions. L’ionisation des aliments modifie leurs propriétés et crée de nouvelles molécules. Les effets sur la santé de ce type de traitement ne sont pas suffisamment étudiés. Par ailleurs, la fabrication, le transport, l’installation et le démantèlement de sources hautement radioactives entraine une exposition des travailleurs aux radiations ionisantes.

Japon

Risques lors des voyages au Japon

Compte tenu de la contamination liée à la catastrophe de Fukushima, en 2011, actuellement (année 2014) quels sont les risques de passer une dizaine de jours au Japon ? Y a -t-il des précautions particulières à prendre ?

Les retombées induites par la catastrophe de Fukushima en 2011 ont entrainé une contamination durable des sols de la préfecture de Fukushima et d’autres préfectures.
Ceci entraine une exposition des populations qui vivent sur les territoires contaminés du fait de l’irradiation externe et de la contamination interne via l’ingestion et l’inhalation.. Des explications plus précises et des cartes des retombées sont disponibles dans le dossier

https://www.criirad.org/wp-content/uploads/2017/08/TU54.pdf

Du point de vue irradiation externe, ces cartes montrent par exemple qu’àTokyo et en allant vers le Sud, l’exposition externe induite par les retombées de Fukushima est faible. Par contre dans la ville de Fukushima, selon les zones, cette exposition peut ne pas être négligeable même pour des séjours de quelques jours (voir video en Ville de Fukushima).

Il faut également tenir compte des risques de contamination interne par ingestion de nourriture contaminée. Dans la mesure du possible il est préférable d’éviter les produits provenant des zones les plus touchées (voir carte) ou de voir s’ils ont fait l’objet de contrôles radiologiques avant mise en vente. Il est recommandé de varier son alimentation.

Une prise d’iode préventive n’est pas à envisager à moins que de nouveaux rejets massifs d’iode radioactif n’interviennent, c’est pourquoi il peut être utile d’emmener des pastilles d’iode stable afin de les avoir à disposition. D’une manière générale, la situation n’est pas stabilisée à la centrale de Fukushima, des rejets élevés de césium 137 ont eu lieu en août 2013 sans que TEPCO n’avertisse la population et les autorités. Il faut donc rester vigilants.

RD et BC – 28/07/2014

Comment contrôler le niveau de radioactivité d’un objet manufacturé en provenance du Japon ?

Les retombées consécutives à la catastrophe de Fukushima en 2011 ont fortement affecté de nombreuses portions du territoire japonais y entrainant une contamination de l’air, des sols et des cultures.
La CRIIRAD est régulièrement sollicitée par des citoyens français qui s’interrogent sur les risques que des objets manufacturés en provenance du Japon soient contaminés (objet d’art, véhicule, casque moto, appareil photo, téléviseur, jouet, théière …).
Des objets ou matières premières qui auraient été contaminés durant la phase critique en 2011 pourraient présenter une contamination résiduelle pendant plusieurs années en particulier par le césium 137 pour lequel il faut attendre 30 ans avant que sa radioactivité ne soit divisée par 2. D’un autre côté la probabilité que des objets manufacturés aient été effectivement contaminés est faible.
En tant qu’acheteur la première chose à faire est de s’interroger sur les risques que tel ou tel objet puisse être contaminé compte tenu des conditions de fabrication, de l’origine des matières premières, des lieux d’entreposage, de la date de fabrication, etc.. Il est aussi possible d’interroger le fournisseur ou l’importateur et de lui demander s’il a mis en place des contrôles.

Dans le doute, le citoyen peut effectuer 2 types d’actions : essuyer l’objet avec un chiffon afin d’éliminer une éventuelle contamination « labile » à sa surface.

Dans l’hypothèse d’une contamination notable au coeur de l’objet et donc non « enlevable » avec un chiffon, un contrôle simple peut être effectué par exemple avec un compteur Geiger afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’émission anormale de rayonnements bêta-gamma.

Matériaux

Bois en provenance d’Europe de l’Est

Comment contrôler la radioactivité de bois en provenance des pays de l’est ?

Le bois brut est un matériau dans lequel la radioactivité naturelle est en général relativement faible (par contre certains mécanismes comme le brûlage peuvent entrainer des phénomènes de concentration de la radioactivité naturelle par exemple dans les cendres, susceptibles d’induire une exposition non négligeable).
En ce qui concerne la présence de substances radioactives artificielles, on pense évidemment à l’impact de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Des bois originaires de territoires très contaminés par les retombées de 1986, particulièrement intenses dans certaines zones de Biélorussie, Russie et Ukraine peuvent encore être l’objet en 2014 d’une contamination radioactive, en particulier par le césium 137 de période physique égale à 30 ans. Des contrôles peuvent être effectués (voir fiche )

BC et RD – 28/07/2014

Médecine

Impact des Echographies

J’ai eu une échographie a chaque mois de ma grossesse. Pouvez vous me dire si cela présente des risques ?

Une échographie ne présente aucun risque radiologique puisqu’elle ne met pas en œuvre de radiations ionisantes mais des ultrasons. La CRIIRAD n’a de compétences que dans le domaine des radiations ionisantes et n’a pas fait de recherche sur les risques éventuels liés à l’utilisation d’ultrasons. Les examens par échographie doivent être privilégiés, dans la mesure du possible, aux examens mettant en jeu des rayonnements ionisants (rayons X).

BC et RD – 28/07/2014

Impact des Radiographies et Scanners

Je m’inquiète car on m’a appris qu’un scanner pouvait avoir de graves conséquences s’il était répété.

Le scanner est effectivement un examen qui délivre une dose relativement élevée (typiquement 10-15 milliSieverts). La dose subie dépend de la zone étudiée, du nombre de coupes, des réglages du scanner, etc.. .

L’exposition à de faibles doses de radiation augmente les risques de cancer à long terme. Par exemple, selon la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique, publication CIPR 60) le risque est de 5 déces par cancer pour 100 000 personnes exposées à une dose de 1 milliSievert. L’évaluation des facteurs de risque est complexe et fait l’objet de vives polémiques dans la communauté scientifique.
Ce type d’examen ne doit en tout cas être prescrit et mis en oeuvre que s’il est justifié sur le plan médical, c’est-à-dire si le bénéfice pour le patient est supérieur aux risques induits.
Il faut vérifier avec le médecin s’il n’est pas possible de porter un diagnostic avec un autre type d’examen (par exemple IRM), et si un scanner n’a pas déjà été pratiqué dans un autre service (il peut arriver en effet que plusieurs examens par scanner soient effectués inutilement par manque de coordination entre plusieurs services).
Si un scanner est pratiqué, le radiologue devrait pouvoir fournir au patient une évaluation de la dose subie, il est utile de lui demander en tout cas à quel niveau de dose typique il travaille par rapport aux niveaux de référence indiqués au niveau national.

BC et RD – 28/07/2014

Je viens de passer une scintigraphie osseuse et l’on m’a injecté du technetium 99m.

Quels sont les risques pour moi, mon entourage, l’environnement ?

La scintigraphie consiste à administrer au patient une substance radioactive (technétium99m, iode 125, iode 131, iode 123, fluor 18, etc..).
Il s’agit d’une « activité » de plusieurs dizaines de millions à plusieurs centaines de millions de becquerels. Un becquerel correspond à une désintégration par seconde.
La dose subie par le patient dépend du type de radionucléide, de l’activité mise en oeuvre (nombre de becquerels), du métabolisme individuel.
La période physique d’un radionucléide est le temps au bout duquel la radioactivité est divisée par 2. Dans le cas du technétium 99m la période physique est de 6 heures. Il faut attendre 10 périodes (2,5 jours pour le technétium 99m) pour que la radioactivité initiale soit divisée par 1 000). Dans le corps humain, l’élimination est plus rapide car à la désintégration « physique » s’ajoute l’élimination par le métabolisme (transpiration, urines, fécès).
Du fait de sa courte période, et étant donné qu’il n’émet pas de rayonnements bêta, le technétium 99m délivre des doses nettement plus faibles au patient que l’iode 131 (dont l’usage est pratiquement abandonné pour les scintigraphies).

En ce qui concerne la radioprotection du patient, il convient de faciliter l’élimination du produit (par exemple en buvant beaucoup).

En ce qui concerne la protection de l’entourage, il faut tenir compte de plusieurs mécanismes.
Les rayonnements gamma émis par les radionucléides utilisés pour les scintigraphies sont très pénétrants. Une part importante de ces radiations « émane  » du corps du patient et peut parcourir plusieurs mètres dans l’air ambiant et atteindre les personnes proches. Pour limiter l’exposition des proches mieux vaut rester à distance (faire chambre à part, limiter les contacts, etc..), tenir compte de l’effet de protection apporté par les matériaux solides (cloisons et murs par exemple). Les sécrétions émises par le patient seront également contaminées (transpiration, urine). Tirer la chasse d’eau plusieurs fois permet d’améliorer le taux d’évacuation des urines et d’éviter la stagnation de matières radioactives dans les toilettes.
Les vêtements souillés peuvent être recueillis dans un bac ou un sac plastique et mis en « décroissance » s’il existe un lieu où les entreposer à l’écart.
Un compteur Geiger peut permettre de vérifier la diminution de la radioactivité du patient, de ses vêtements et des objets qu’il a pu contaminer (clavier d’ordinateur, téléphone portable, etc..).

Impact des IRM

Je dois passer une IRM. Est-ce dangereux?

L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) est un examen qui ne met pas en oeuvre de radiations ionisantes (pas de rayons X), il ne présente donc pas de risque radiologique. Il peut présenter d’autres types de risques liés à l’utilisation de champs magnétiques intenses, de radiofréquences et au niveau sonore. La CRIIRAD n’a de compétences que dans le domaine des radiations ionisantes et n’a pas fait de recherche sur les risques liés à l’IRM. Les autorités recommandent lorsque c’est possible de privilégier les examens par IRM par rapport aux examens mettant en jeu des rayonnements ionisants (scanner).

Objets

J’ai trouvé au cours d’un rangement d’un  appartement un spinthariscope. J’ai manipulé cet objet sans en connaitre la nature et ai en particulier retiré la lentille, sans protection particulière.

J’ai entrepris de mesurer le niveau de la radioactivité avec le  Radex RD1503,  il indiquait un niveau de 0,77 µSv/h. Compte tenu de ces éléments, cet objet présente-t-il un danger quelconque ?

 

Cet objet a été inventé en 1903 par le scientifique Crookes. L’objectif était de visualiser les impacts des rayonnements émis par un élément radioactif (en l’occurrence du radium 226), en utilisant du sulfure de zinc, qui sous l’action de rayonnements de haute énergie émet de la lumière (phénomène de radio luminescence). Cet objet est donc radioactif comme le confirme votre test avec un compteur Geiger.  Le radium 226 émet des rayonnements alpha et gamma et donne en plus naissance à plusieurs descendants radioactifs émetteurs de rayonnements α, β et γ.

Aujourd’hui, le spinthariscope est encore fabriqué et commercialisé mais avec une source d’américium 241 ou d’uranium. http://www.periodictable.com/Elements/SpinthariscopesGroup/index.html

Schématiquement, le premier risque est lié à l’irradiation, notamment de la peau  et de l’œil puisque l’on doit regarder au travers de l’objectif pour observer les scintillations. Compte tenu du résultat du contrôle effectué avec votre Radex, le risque est relativement faible et facile à gérer (rester à distance, limiter le temps d’exposition). Le deuxième est la contamination : si l’objet est endommagé, les sels de radium peuvent se disperser et les personnes qui manipulent l’objet sans précaution peuvent se contaminer (notamment dépôts sur les doigts et risque d’ingestion).  Sans précision sur l’activité de la source et l’état de l’objet, il est difficile de l’évaluer.

Comment l’éliminer ?

Si l’objet est ancien, il est à base de radium et dans ce cas l’ANDRA  doit normalement le récupérer dans le cadre de sa mission de service public.
http://www.andra.fr/producteurs/download/site-principal/document/objets_radioactifs.pdf

Par contre, si l’objet est récent, il ne sera probablement pas pris en charge gratuitement par l’ANDRA,  qui demandera une participation financière.

RD le 26/11/18

Comment savoir si un détecteur de fumée est radioactif ?

Il existe plusieurs modèles de détecteurs de fumée. Pour donner l’alerte il faut que la fumée modifie le flux des rayons émis par une source vers un détecteur.
Le système classique comprend donc une source de lumière et un récepteur. Quand le faisceau est atténué par de la fumée, l’alerte est lancée. On appelle ces appareils des détecteurs optiques.

Le système qui nous préoccupe utilise une source radioactive émettrice de rayonnements alpha. Ces rayonnements sont constitués de particules chargées d’électricité qui vont ioniser l’air tout au long de leur trajectoire. Les poussières de fumée vont modifier la répartition des charges dans l’espace concerné ce qui va déclencher l’alarme. On parle alors de DFCI (détecteur de fumée à chambre ionique).

La source radioactive est le plus souvent de l’américium241 (noté Am 241), un radionucléide qui émet des rayonnements alpha et gamma et dont la période radioactive (ou durée de demi-vie) est de 432 ans. D’autres radioéléments ont aussi été utilisés comme le radium 226 (Ra226), également émetteur alpha-gamma.

Le rayonnement gamma peut être détecté avec un compteur Geiger. En plaçant le compteur au contact du détecteur de fumée, il est donc possible de vérifier s’il contient une source radioactive d’Am241 ou de Ra226.

Si vous n’avez pas d’appareil, vérifiez les mentions au dos du détecteur de fumée (l’information n’est malheureusement pas visible quand l’appareil est en place). Si une source radioactive est en place, vous devriez y trouver le symbole de la radioactivité (voir le trisecteur ci-dessous), ainsi que l’identité du radionucléide utilisé (Am241) et son activité exprimée en becquerels (Bq). Elle est typiquement de 20 000 Bq. Vous pouvez également trouver l’activité exprimée en microCurie (µCi), l’ancienne unité de mesure de la radioactivité (1 µCi = 37 000 Bq)

Nos recherches ont toutefois prouvé que certains modèles ne présentent aucune information apparente. C’est lors de l’ouverture du boîtier (par exemple pour changer la pile) que l’utilisateur risque de découvrir le problème. Sur l’exemple reproduit ci-dessous, on peut également constater qu’il n’y a pas de logement séparé pour la pile. Quand on ouvre le boîtier pour procéder au changement, on a un accès direct à la chambre de détection. Le port de gants est donc fortement recommandé, en particulier sur des appareils anciens.

 

http://www.cpmac.com/plasplugs/index.php3

2.Détecteurs de fumée radioactifs : combien, où, jusqu’à quand ?

Les autorités estiment qu’environ 7 millions de DFCI ont été installés sur environ 300 000 sites, soit une moyenne de 23 détecteurs par site. C’est que les détecteurs radioactifs étaient avant tout conçus pour des usages en environnement professionnel : dans les établissements publics, sur les lieux de travail, dans l’habitat collectif, etc. Dans les bâtiments concernés, les détecteurs de fumée, souvent radioactifs, sont nombreux et généralement reliés à un système d’alarme incendie.

Il existe également des détecteurs autonomes : alimentés par une pile, ils produisent eux-mêmes le signal sonore d’alerte. On parle alors de DAAF : détecteur avertisseur autonome de fumée. Ces systèmes sont évidemment privilégiés dans l’habitat individuel, les logements privés. Dans ce cas, vu les prescriptions réglementaires, le système de détection devrait être optique ou thermique plutôt qu’ionique. Le décret 66-450 du 20-06-1966 interdisait en effet l’ajout de substances radioactives dans les produits à usage domestique (à l’intérieur des maisons).

Nos recherches ont malheureusement permis de vérifier que des détecteurs radioactifs étaient bel et bien en vente libre, disponible à l’achat sur les rayonnages de certains grands magasins (sans parler des ventes via Internet). L’interdiction de 1966 n’ayant pas été strictement appliquée, il est donc possible de trouver des DFCI au domicile de certains particuliers.

En 2002, l’interdiction a été reprise et sa portée élargie. L’article R 1333-2 du Code de la Santé publique  dispose en effet qu’il est « interdit d’ajouter volontairement de la radioactivité dans les matériaux de construction et les biens de consommation ». L’ajout de cette clause était l’aboutissement d’un long combat de la CRIIRAD : voir la campagne de 1999  « contre l’ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les matériaux de construction » sur notre site : https://www.criirad.org/mobilisation-contre-larrete-du-5-mai-2009/

Passé 2002, les DFCI auraient dû être rapidement interdits mais les années ont passé et rien n’a été fait.  Pire, en 2009, un arrêté a fixé des conditions assez laxistes permettant d’obtenir des dérogations à l’interdiction. Certains fabricants étaient peut-être disposés à déposer un dossier de demande de dérogation mais l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a fini par réagir et a engagé un processus d’interdiction, puis de retrait de l’ensemble des détecteurs radioactifs. Le discours est clair : il existe des solutions alternatives aux DFCI et elles doivent donc être privilégiées conformément aux principes de base de la radioprotection.

Voir : http://www.hctisn.fr/IMG/pdf/note_presentation_asn_dfci_cle774062.pdf
Mais le traitement du problème va être très progressif : l’arrêté du 18 novembre 2011 définit les conditions de dérogation à l’interdiction stipulée par l’article R. 1333-2 du code de la santé publique. Les nouvelles installations ne peuvent pas en bénéficier mais des dérogations sont accordées aux installations existantes (voire les extensions d’installations existantes) pour des délais allant de 2 à 10 ans ( !)

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024908599&dateTexte=&categorieLien=id
L’interdiction étant désormais planifiée, se pose la question de la récupération des appareils radioactifs. Mais il faut d’abord les recenser ! Chaque détenteur de DFCI devait  faire une déclaration de détention auprès de l’ASN. La date butoir était fixée au 31-12-2014.
Selon le calendrier établi par l’ASN, la récupération de l’ensemble des appareils devrait être effective en 2017 mais un délai supplémentaire (2021) est toléré pour les cas particuliers.
Le dossier avance donc…  mais lentement. De plus, si la vente de détecteurs radioactifs est interdite en France depuis 2011, ce n’est pas le cas dans des pays voisins :

On trouve par exemple, sur internet, fabriqué en GB : http://www.toollineuk.com/search.php?search=smoke+alarm
Ou bien sur e-bay :

3.Comment puis-je me débarrasser de détecteurs de fumée radioactifs ?

Surtout ne les laissez pas trainer sans surveillance, ne les mettez pas à la poubelle ni à la déchetterie, ne les jetez pas au feu, ni dans la nature …. Faites un effort pour les éliminer correctement.

Du fait de leur activité, ces appareils doivent faire l’objet de précautions spéciales. Pour les démonter, les transporter, il faut être habilité. Pour les éliminer, il faut donc faire appel à une entreprise agrémentée ASN. Nous en avons répertorié 3 ou 4 (voir par exemple : http://www.qualityenvironnement.com/).
Les coûts sont typiquement de 25 € HT par détecteur et 95 € HT pour le transport (forfait jusqu’à 150 unités).

Mais si vous êtes un particulier, est-ce à vous de payer ?
Si votre logement est équipé d’un détecteur de fumée radioactif, c’est qu’il y a eu dysfonctionnement
1/ du côté de l’entreprise qui l’a fabriqué ou commercialisé et qui n’a pas respecté la règlementation,
2/ du côté de l’Etat qui n’a pas fait respecter l’interdiction. Il n’est donc pas légitime que ce soit le consommateur qui en assume les conséquences y compris financières.

Si vous êtes confronté à  ce problème, il  serait opportun de faire un courrier  à l’ASN et à l’Andra, pour demander une prise en charge totalement gratuite (et faire une copie à la CRIIRAD de vos démarches).
L’élimination définitive des sources radioactives est confiée à l’ANDRA. Deux options : récupération de la matière radioactive pour reconditionnement et fabrication de nouvelles sources radioactives industrielles, ou stockage définitif comme déchet.

Quelques liens pour en savoir plus :

http://www.asn.fr/Informer/Actualites/L-ASN-reglemente-le-retrait-des-detecteurs-ioniques-de-fumee
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025510248
http://www.preventica.com/actu-enbref-detecteur-fumee-ionique-3060112.php

Ondes électromagnétiques

Qui puis-je contacter pour mesurer l’exposition de mon domicile aux rayonnements électromagnétiques ?

La CRIIRAD n’a pas de compétences dans le domaine des ondes electromagnétiques non ionisantes. Vous pouvez contacter les organismes suivants (liste non exhaustive) :

1/ Robin des Toits, 55 RUE ORTEAUX 750020 PARIS. Tel: 01 47 00 96 33
E- Mail : contact@robindestoits.org
Site internet : www.robindestoits.org.
Il y a des délégués régionaux à Lyon, en Bresse, en Bourgogne, en Bretagne, dans le Sud-Ouest et en Ile de France.
(cf site web, onglet « Contacts »).

2/ CRIIREM (Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques, créé par Michèle RIVASI – 1ère présidente de la CRIIRAD) 19 à 21 rue Thalès de Milet, 72000 LE MANS. Tel : 02 43 21 18 69 –
E- mail : contact@criirem.org
Site internet : www.criirem.org.

3/ PRIARTEM (Pour une Réglementation des Implantations d’Antennes Relais de Téléphonie Mobile)
Association nationale.
5, Cour de la Ferme Saint-Lazare 75010 PARIS
Téléphone : 01 42 47 81 54 – Fax : 01 42 47 01 65
Site Internet : http://www.priartem.fr
E- mail : contact@priartem.fr

4/ SERA Santé – Environnement en Rhône Alpes
Site internet: http://www.sera.asso.fr
E-mail : contact@sera.asso.fr
Téléphone : Jacqueline Collard (présidente) : 04 76 04 92 71

MCP – 28/07/2014

La CRIIRAD peut-elle déterminer l’exposition de mon domicile aux rayonnements électromagnétiques ?

Non, la CRIIRAD ne traite que des radiations ionisantes (radioactivité). Pour la question des ondes électromagnétiques non ionisantes (téléphone portable, antennes de téléphonie mobile, Wi-fi, four à micro-ondes, etc..), il convient de contacter des organismes specialisés.
Voir une liste d’organismes spécialisés

 

BC – 28/07/2014

Ondes électromagnétiques et Radioactivité

Quelle est la différence entre les Ondes Electromagnétiques et la Radioactivité ?

Les ondes électromagnetiques émises par un téléphone portable ne sont pas des rayonnements ionisants, c’est-à-dire que leur énergie est trop faible pour induire des ionisations dans la matière qu’elles traversent. Elles présentent cependant des risques pour la santé. Les substances radioactives émettent en se désintégrant des radiations ionisantes qui peuvent être des particules (alpha, bêta, neutrons) ou des ondes électromagnétiques ionisantes (rayonnements X et gamma) qui présentent également des risques pour la santé. La CRIIRAD ne traite que des radiations ionisantes liées à la radioactivité.
Voir une liste d’organismes spécialisés

BC – 28/07/2014

Radex

Provenance/Fabrication du Radex

Où est fabriqué le RADEX ?

Le RADEX, qui a pris la suite de la gamme précédente QUARTEX, a depuis toujours été fabriqué en Russie. Le tube est Ukrainien. Le modèle précédemment distribué lar la CRIIRAD, le RADEX RD 1503 était importé et adapté pour la France par la Sté NanoSense, mais celle-ci ne distribue plus cet appareil. Le modèle actuellement distribué par la CRIIRAD, le RADEX RD 1212 est importé en France directement par la CRIIRAD.

Présentation du RADEX RD 1212 :
https://www.criirad.org/laboratoire/radiametres/

 

RADEX : location d’appareils

Où puis-je louer un compteur Geiger RADEX ?

La CRIIRAD peut louer des compteurs Geiger de marque RADEX pour une période donnée.
Notre stock de location étant limité, le bon de location n’est pas directement disponible sur notre site, mais vous pouvez l’obtenir en envoyant votre demande à radex@criirad.org

JS – 28/07/2014

Vente d’appareils

Où puis-je acheter un compteur Geiger RADEX ?

Vous pouvez acheter le radiamètre grand public RADEX RD 1212 auprès de divers fournisseurs et sur internet, mais il est également commercialisé par la CRIIRAD. Les appareils vendus par la CRIIRAD sont testés individuellement au laboratoire avant mise en vente et sont fournis avec un manuel d’utilisation détaillé élaboré spécifiquement par la CRIIRAD.
Il existe d’autres modèles de RADEX, mais pour l’heure la CRIIRAD ne les commercialise pas.

Présentation du RADEX RD 1212 :
https://www.criirad.org/laboratoire/radiametres/

 

RADEX : utilisation pour mesurer la radioactivité des aliments

Le radiamètre RADEX RD 1212 permet-il de mesurer la radioactivité des aliments ?

Oui et non, tout dépend du niveau de contamination et de la nature des substances radioactives.
Les principales idées à retenir sont les suivantes :

1. Si le RADEX détecte une augmentation significative du signal mesuré au contact d’un échantillon d’eau ou d’aliment par rapport au bruit de fond obtenu au même endroit en l’absence de l’aliment à tester, celui-ci est a priori fortement contaminé et il ne faut pas le consommer. Merci dans ce cas d’écrire à laboratoire@criirad.org pour signaler le cas.

2. En revanche, si le RADEX ne détecte pas d’augmentation significative du signal, cela ne signifie pas forcément que l’échantillon ne présente pas de risque. Par exemple, un niveau de contamination en césium 137 (émetteur bêta-gamma) de 200 Bq/kg, supérieur à la norme de 100 Bq/kg fixée actuellement par les autorités japonaises pour la consommation ne serait pas détectable avec le RADEX RD 1503 ou par le RADEX 1212. Ceci est illustré dans la video (en anglais) http://www.youtube.com/watch?v=MvBoQfN18zs

Par ailleurs, rappelons que le RADEX ne peut pas détecter tous les types de rayonnements. Il ne détecte pas les rayonnements alpha (émis par exemple par le plutonium 238) et les rayonnements bêta de très basse énergie (comme ceux émis par le tritium).

3. Pour optimiser les capacités de détection, il convient de réaliser les mesures dans un endroit présentant le bruit de fond le plus bas possible, et sur un échantillon dont la masse est la plus importante possible.

Radon

Mesure du taux de Radon

Comment puis-je savoir si le taux de radon de mon domicile dépasse la normale ?

Vous pouvez effectuer des mesures de radon dans votre domicile au moyen de divers dispositifs. Si vous avez recours à la CRIIRAD nous vous proposons deux types d’appareils : le Kodalpha et le Radon Eye.

Depuis 1994, la CRIIRAD propose aux particuliers de réaliser des mesures de radon au moyen de détecteurs Kodalpha. Ce type d’appareil permet d’évaluer la concentration moyenne en radon sur une période de plusieurs semaines à plusieurs mois. Il a l’avantage d’être peu coûteux à l’unité : l’installation simultanée de plusieurs appareils dans un bâtiment donné permet d’effectuer un dépistage représentatif des différents volumes du bâtiment. En revanche le Kodalpha n’est pas réutilisable.

Le RADON EYE est un appareil mesurant le radon au moyen d’une chambre d’ionisation. Il fonctionne sur alimentation électrique 220V. Le RADON EYE est un appareil à lecture directe. L’écran affiche la concentration de radon moyenne sur une heure (actualisée toutes les 10 minutes), sur 24 heures et sur 30 jours.

En complément des informations obtenues par lecture directe, il est possible, avec un smartphone par connexion Bluetooth, de récupérer les moyennes horaires enregistrées par l’appareil (capacité de la mémoire : 1 an).

– Vous cherchez un appareil à lecture directe mesurant le radon en permanence ?
Choisissez le Radon Eye

– Vous souhaitez faire un dépistage de radon ? Choisissez le dosimètre Kodalpha.
– Vous hésitez entre les deux appareils ? Contactez-nous à ramon@criirad.org

Bon de commande

 

Méthode de mesure du radon

J’aimerais tester le taux de radon dans le vide sanitaire de ma maison et éventuellement les pièces occupées, comment procéder ?

La CRIIRAD propose 2 types d’appareils de mesure du radon, le Kodalpha et le Ramon 2.2.

Si vous utilisez des Kodalphas
Le retour d’expérience montre qu’il est préférable de mesurer simultanément le sous-sol et les pièces occupées, car la mesure seule du sous-sol ne répond pas à toutes les questions. Par exemple, une habitation peut tout à fait présenter une concentration en radon très élevée dans le vide sanitaire, et des concentrations en radon très faibles dans les pièces de vie (le vide sanitaire joue alors bien son rôle). Si vous avez recours à la CRIIRAD pour effectuer des mesures nous vous adresserons par voie postale des capteurs Kodalpha.
Pour une mesure de radon avec un seul capteur, la CRIIRAD propose un tarif relativement élevé (lié au temps de travail passé pour le traitement du dossier et notamment l’élaboration d’un courrier de commentaires personnalisés). En revanche, les capteurs supplémentaires sont proposés quasiment à prix coûtant, pour que la question de la quantité de capteurs à mettre en place soit la moins rédhibitoire possible.

Si vous utilisez le Radon Eye

Le RADON EYE est un appareil mesurant le radon au moyen d’une chambre d’ionisation. Il fonctionne sur alimentation électrique 220V. Le RADON EYE est un appareil à lecture directe. L’écran affiche la concentration de radon moyenne sur une heure (actualisée toutes les 10 minutes), sur 24 heures et sur 30 jours.

En complément des informations obtenues par lecture directe, il est possible, avec un smartphone par connexion Bluetooth, de récupérer les moyennes horaires enregistrées par l’appareil (capacité de la mémoire : 1 an).

Un appareil polyvalent.
Utilisé judicieusement, cet appareil vous permettra notamment de répondre aux questions suivantes : à quelle concentration moyenne en radon suis-je exposé ? Les différentes pièces de mon habitation présentent-elles des niveaux de radon homogènes ? Quel est l’impact du fonctionnement du système de ventilation ou du chauffage sur l’accumulation de radon dans mon habitation ? Etc…

Le « kit RADON EYE» .
Il existe de nombreux distributeurs du RADON EYE. En choisissant la CRIIRAD, vous recevrez avec l’appareil un kit complet élaboré par notre laboratoire, incluant un manuel détaillé d’utilisation, ainsi qu’un formulaire papier destiné à relever et mettre en forme les résultats.

Bon de commande

 

Radon : règlementation dans les habitations

Existe-t-il des normes en ce qui concerne la radioactivité due au radon dans une habitation particulière ?

A ce jour (juillet 2014), il n’existe pas de valeur réglementaire concernant le radon dans l’habitat en France.
La directive Euratom 2013/59 publiée le 17 janvier 2014, et qui devra être transcrite en droit français d’ici février 2018, demande aux Etats membres de fixer des niveaux nationaux de référence à l’intérieur des bâtiments qui n’excèdent pas 300 Bq/m3.
Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé a défini un seuil de référence de 100 Bq/m3 qu’il est recommandé de ne pas dépasser dans l’habitat. Dans le cas où des conditions régionales spécifiques ne permettraient pas de mettre en application un tel niveau, l’OMS préconise de choisir un autre niveau de référence, mais qui ne devrait pas excéder 300 Bq/m3.
Attention, la valeur de 300 Bq/m3 ne constitue pas une limite en dessous de laquelle le radon ne présente aucun risque. Les études épidémiologiques internationales les plus récentes ont montré une augmentation de l’incidence des cancers du poumon y compris pour des concentrations inférieures à 200 Bq/m3.

Liens :
OMS et radon : http://www.who.int/ionizing_radiation/env/radon/en/index1.html
Directive Euratom 2013/59 :
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2014:013:0001:0073:FR:PDF

Radon : Achat / Location de domicile

Je souhaite acquérir ou louer une habitation. Comment puis-je savoir si elle présente un risque de taux élevé de radon ?

Le seul moyen d’estimer la concentration en radon dans un bâtiment est de faire des mesures. En effet, la configuration du bâtiment ayant une influence importante, une carte générale du « risque radon » à l’échelle départementale et même communale ne vous permettra pas de statuer.
Le laboratoire de la CRIIRAD propose à la vente des dispositifs de mesure de radon (films Kodalpha).
En principe, ces appareils doivent être exposés pendant au moins 2 mois en saison froide, pendant une période où le bâtiment est occupé.
Il est cependant possible d’effectuer des mesures plus rapides, mais une période d’exposition de 15 jours au minimum est souhaitable. Les résultats de ce dépistage court devront être interprétés avec précaution, la concentration en radon pouvant fortement varier dans le temps.
D’autres appareils, tels que le Ramon 2.2 ou le Canary, permettent d’obtenir des résultats plus rapidement (en moins d’une semaine). Mais la représentativité de mesures si courtes est encore plus faible.

Ainsi, la CRIIRAD a effectué entre décembre 2012 et avril 2013 des mesures de radon au moyen d’un RAMON 2,2 dans une habitation ardéchoise. Le salon présentait une concentration moyenne sur l’ensemble de la période de mesure d’environ 160 Bq/m3, mais les moyennes hebdomadaires
ont varié entre quelques dizaines et plus de 300 Bq/m3 (voir graphe ci-dessous).

Bon de commande radon

 

Tchernobyl

Contamination résiduelle des sols en montagne par le césium 137 lié à la catastrophe de Tchernobyl 

Éléments de réponse aux questions posées à la CRIIRAD par des citoyens.

Suite à la publication du communiqué CRIIRAD du 31 juillet 2015 « France / impact de Tchernobyl 29 ans après : Dans les Alpes, certains sols sont toujours des « déchets radioactifs » », la CRIIRAD a reçu beaucoup de questions de la part de citoyens ; le texte ci-dessous comporte des éléments de réponse. Il sera complété en fonction des questions que la CRIIRAD recevra.

1 / A-t-on une carte de localisation des points d’accumulation, c’est-à-dire des secteurs où le césium 137 est particulièrement « concentré » dans le sol ? Pourquoi la CRIIRAD est-elle retournée en juillet 2015 dans ce secteur du Mercantour ?

Les retombées de Tchernobyl sur le territoire français

L’ensemble du territoire français a été touché par les retombées radioactives consécutives à la catastrophe de Tchernobyl. Les masses d’air contaminé comportaient tout un cocktail d’éléments radioactifs dont le césium 137 période physique (1) 30 ans), le césium 134 (période physique 2 ans) et l’iode 131 (période physique 8 jours).
Les études conduites par le laboratoire de la CRIIRAD, entre 1986 et 1993, sur la base de carottages de sol, ont permis d’établir (a posteriori), que les retombées les plus intenses (plus de 10 000 Bq/m2 en césium 137) concernaient une large bande à l’est du territoire français, de la Corse à l’Alsace. En fonction du niveau des précipitations au début du mois de mai 1986, de la topographie, de la nature du couvert végétal, les retombées ont dépassé les 30 000 Bq/m2 dans certains secteurs.

> Voir carte des retombées en césium 137 de Tchernobyl
La question du mensonge des autorités et le combat de la CRIIRAD pour que les services de l’Etat publient des cartes correctes des retombées est explicité dans la synthèse publiée en 2002

A la fin des années 90, le géologue indépendant André Paris a entrepris de dresser, avec le soutien scientifique de la CRIIRAD, un atlas des contaminations radioactives en France et en Europe. Cet atlas (2) donne les résultats de mesure de la contamination résiduelle en césium 137 des sols, sur la période 1999-2000, exprimée en Bq/m2 de césium 137. Il ne s’agit pas uniquement du césium 137 provenant des retombées de Tchernobyl, mais de la quantité résiduelle « totale » de césium 137 évaluée à partir de mesures spectrométriques de terrain. Le césium 137 mesuré dans le cadre de cette campagne provient en grande partie de Tchernobyl, mais une part correspond au reliquat des retombées des essais nucléaires atmosphériques, particulièrement intenses dans les années 50-60.
Les cartes de cet atlas renseignent sur la contamination moyenne des sols, mais ne rendent pas compte des « points d’accumulation ».

> Extrait des cartes de l’atlas : France

> Extrait de la carte de l’atlas : sud-est de la France

Les « points d’accumulation » du césium 137 dans les sols en montagne

Dans certains secteurs en montagne, en particulier dans l’Arc Alpin (en général au-delà de 1 600 mètres), se sont produits, à l’issue des retombées de 1986, des phénomènes d’accumulation.

En fonction de la topographie, des conditions climatiques, de la nature du couvert végétal et de la typologie des sols, l’élément radioactif qui s’est déposé sur de vastes étendues a pu être redistribué et induire de très fortes accumulations dans les sols. Une des explications principales tient au fait qu’en montagne, le césium est parfois tombé sous forme neigeuse. Le manteau neigeux a été, dans certains cas, déplacé par le vent et a pu s’accumuler à certains endroits. Lors de la fonte des neiges, les eaux de fonte contaminées ont à leur tour contaminé le sol où une partie du césium est resté piégé. D’autres mécanismes d’accumulation sont également à prendre en considération, comme le rôle de la végétation (zone de gouttage au pied des arbres, phénomène d’écoulement préférentiel le long du tronc des hêtres, etc.) ou des bâtiments (accumulation en pied de gouttière, etc.).

La CRIIRAD a travaillé sur cette question avec le soutien de bénévoles et en particulier du géologue André Paris. Les premières campagnes de mesure (1996-1998) ont montré l’existence de ces points d’accumulation dans le Mercantour et les Ecrins, avec des activités massiques en césium 137 dans les sols supérieures à 10 000 Bq/Kg en certains points, voire supérieures à 100 000 Bq/kg dans le Mercantour.

> Voir fiche CRIIRAD d’avril 1997 : Mercantour et Ecrins

Les campagnes de mesures ultérieures conduites par André Paris et la CRIIRAD ont montré que ce phénomène concernait de nombreux secteurs de l’Arc Alpin en France, en Suisse, en Italie, et en Autriche.

> Rapport CRIIRAD de 1998 : contamination radioactive de l’Arc Alpin
> Article en anglais sur les retombées de Tchernobyl en France et sur les zones d’accumulation en milieu Alpin (2001)
> Carte des points d’accumulation analysés par la CRIIRAD dans l’Arc Alpin en France, Suisse, Italie, Autriche (1996-1997)

Campagnes médiatiques et interpellation des pouvoirs publics

La CRIIRAD a mené plusieurs campagnes d’information et d’interpellation des pouvoirs publics, en particulier entre 1996 et 1998, pour sensibiliser sur la problématique des contaminations spécifiques en montagne, avec en particulier la mission d’août 1998 dans le Mercantour où nous avons pu montrer la réalité des points d’accumulation aux autorités sanitaires (OPRI et Secrétaire d’Etat à La Santé)

> Extrait du journal télévisé de France 2 (août 1998)

Contexte des nouvelles mesures CRIIRAD de juillet 2015 dans le Mercantour

La nouvelle campagne de mesures CRIIRAD de juillet 2015 dans le Mercantour, a pour objectif de maintenir la pression sur les autorités pour qu’elles produisent des cartes détaillées et gèrent les points les plus radioactifs situés sur des zones fréquentées par le public. Il faut porter une attention plus particulière à des points d’accumulation qui pourraient être proches de tables de pique-nique, bergeries, bord de lacs, etc. Dans ces cas, il nous semble légitime de demander que ces secteurs soient balisés voire traités (décapage de la couche superficielle du sol). Ce secteur particulier du Mercantour, aux environs du col de Restefond La Bonette, a été choisi, car c’est là que nous avions pu, en août 1998, faire des mesures en présence des autorités.

Nous souhaitions vérifier si cette zone avait fait l’objet d’un balisage ou d’un assainissement. Le constat est que la radioactivité reste élevée et qu’il n’y a aucune indication sur le terrain (Point PC3 dans le communiqué CRIIRAD du 31 juillet 2015).
Il s’agit également pour la CRIIRAD :

  • de rappeler l’ampleur du mensonge d’Etat en 1986 : le communiqué du Ministère de l’agriculture en date du 6 mai 1986 indiquait en effet : « Le territoire Français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de Tchernobyl ». La forte contamination toujours détectable 29 ans après la catastrophe permet d’apprécier, a posteriori, l’ampleur de ce mensonge.
  • d’obtenir de l’Etat, la reconnaissance des doses subies en 1986 par certains groupes critiques, en particulier les enfants, qui ont pu recevoir, du fait de la contamination élevée de certaines denrées par l’iode 131, des doses supérieures aux limites sanitaires de l’époque (dose à la thyroïde).
  • d’obtenir la publication, par l’Etat et ses services, de toutes les données de 1986 : contamination des sols, de l’air, des aliments, des bioindicateurs, ainsi que les notes de service et compte rendu de réunion au plus haut niveau, permettant de comprendre qui a décidé de nous mentir et de ne pas nous protéger à l’époque et pourquoi ?
  • de rappeler le fait que, dans le sud-est de la France, à 1 900 kilomètres de Tchernobyl, et plus de 29 ans après la catastrophe, certains sols restent contaminés à plus de 100 000 Bq/kg. Ceci doit nous interpeller sur ce qui se passerait en cas de catastrophe nucléaire sur un réacteur situé à quelques kilomètres de nos frontières, ou au cœur du territoire français. La période physique du césium 137 est de 30 ans et il faut attendre 300 ans pour que sa radioactivité soit divisée par 1 000.

Localiser les points d’accumulation :

La CRIIRAD est une association loi 1901, et les travaux qu’elle a effectués depuis 1996 sur la question des points d’accumulation en milieu Alpin ont été réalisés sur ses fonds propres, c’est-à-dire grâce aux cotisations et dons de ses adhérents. L’association n’a pas les moyens de cartographier tout le Mercantour, et encore moins tout l’Arc Alpin.
Comme le montre la vidéo tournée par la CRIIRAD le 6 juillet 2015 dans le Mercantour,  la radioactivité est très variable d’un mètre à l’autre autour de ces points d’accumulation. Les points d’accumulation les plus radioactifs sont de surface réduite, mais entre les points, il existe tout un continuum de niveaux plus ou moins élevés.
L’établissement de cartographies détaillées est un travail qui nécessite des moyens lourds.

Les citoyens peuvent-ils repérer les fortes accumulations au moyen d’un compteur Geiger ?

Compte tenu de la distribution spatiale complexe des points d’accumulation, des repérages au moyen d’un compteur Geiger grand public comme le RADEX (appareil utilisé sur le point chaud PC3 dans la vidéo tournée le 6 juillet 2015) sont très fastidieux. Il est plus efficace d’utiliser des appareils plus sensibles comme les scintillomètres (par exemple le SPP2 utilisé également dans cette video)…
Cependant, un compteur Geiger grand public peut être utile pour tester la radioactivité du sol sur une zone de superficie limitée, par exemple un point où l’on souhaite établir un bivouac.

 

2 / Est il dangereux de se promener dans le Mercantour ?

Le césium 137 présent dans le sol émet en se désintégrant des rayonnements ionisants : particules bêta et rayonnements gamma. Les rayonnements gamma sont très pénétrants et entrainent une exposition des personnes qui stationnent sur les sols contaminés. Le débit de dose se mesure en microSieverts par heure (µSv/h).

Lorsque la contamination en césium 137 des sols est de l’ordre de quelques Bq/kg à quelques dizaines de Bq/kg, comme c’est le cas sur la majeure partie du territoire français, l’exposition externe est « faible » par rapport au niveau naturel de radiation, qui provient de la désintégration des éléments radioactifs naturels présents dans le sol (uranium 238, uranium 235, thorium 232 et leurs descendants radioactifs, potassium 40) et du rayonnement cosmique.
Mais lorsque la contamination en césium 137 du sol est élevée, l’augmentation du niveau de radiation liée à cet élément artificiel devient significative.

En ce qui concerne le Mercantour, par exemple, un « stationnement » de 2-3 heures sur le point le plus actif  relevé lors de la mission CRIIRAD du 5-6 juillet 2015 (5 µSv/h au contact du sol) représente une dose supérieure à 10 microSieverts environ si l’on est allongé sur le sol et à
2 microSieverts (pour une personne debout : valeur évaluée à 1 mètre du sol). Un bivouac de
8 heures pourrait donc entrainer une exposition de plusieurs dizaines de microSieverts (personne allongée sur le sol).

Mais comme le niveau de radiation varie à 1 mètre près latéralement, il est difficile d’évaluer l’exposition réelle des personnes qui fréquentent ces massifs car, à quelques mètres des points d’accumulation, on retrouve des zones à faible radioactivité.

Au sens de la Directive Euratom 96/29 qui traite des « pratiques nucléaires », une exposition supérieure à 10 microSieverts n’est plus considérée comme négligeable. L’exposition externe des personnes qui fréquentent régulièrement ces massifs peut donc être qualifiée de « non négligeable » au sens de la radioprotection.

Les autorités répondent parfois qu’il faudrait passer des centaines d’heures allongé sur les points les plus radioactifs pour dépasser la  dose maximale annuelle admissible qui est de 1 000 microSieverts par an (1 milliSievert par an).

Mais cette limite n’est pas un « seuil d’innocuité ». Elle constitue la limite au-delà de laquelle le risque de cancer à long terme est considéré comme « inacceptable » par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique). Cette valeur de 1 milliSievert par an correspond , selon l’évaluation (3) de 2007 de la CIPR, à 17 cancers pour 100 000 personnes exposées
Mais en fait, toute dose augmente les risques. C’est pourquoi un des principes de base en radioprotection est le maintien des expositions au niveau le plus bas raisonnablement possible. Plus la dose est faible, plus faibles sont les risques.

Pour certains groupes de population susceptibles de passer beaucoup de temps dans ces alpages (bergers par exemple), l’exposition externe cumulée sur l’année peut être significative et mérite d’être prise en considération.

 

3 / Risque-t-on d’être contaminé en mangeant des champignons ?

Pour évaluer l’impact lié à la contamination résiduelle des sols par le césium 137 sur les personnes qui vivent dans les zones concernées, il faut ajouter à l’exposition externe évoquée plus haut, les doses éventuelles liées à l’ingestion d’aliments ou d’eau qui pourraient être contaminés par le césium 137.

En ce qui concerne l’ingestion, certaines denrées sont susceptibles en 2015, d’être toujours contaminées par le césium 137 de Tchernobyl, en particulier certaines espèces de champignons, certains gibiers, baies, produits laitiers, etc.
Les analyses effectuées par la CRIIRAD entre 1986 et 1997 ont permis de proposer une classification des espèces de champignons à risque.

> Fiche CRIIRAD champignons (1997)

Les mesures effectuées par la CRIIRAD en 1996 sur des champignons du Mercantour avaient confirmé une contamination notable de certaines espèces. La CRIIRAD avait mesuré par exemple 13 680 Bq/kg sec en césium 137 dans des « Pied Bleu » cueillis dans le secteur du Boréon et 12 300 Bq/kg sec dans des « Bolets élégants » du secteur de La Lombarde. Cela correspond à plus de 1 200 Bq/kg frais (pour un taux de matières sèches de 10 %) soit le double des normes européennes de commercialisation en vigueur à l’époque.

> Analyses de champignons du Mercantour (CRIIRAD – 1996)

En 2015, compte tenu de la contamination persistante des sols, les champignons restent une denrée à risque.
Dans le doute, il est préférable, dans les secteurs les plus touchés, de limiter sa consommation des espèces de champignons à risque.

Rédacteur : B. Chareyron, directeur du laboratoire de la CRIIRAD, 7 août 2015

1. La période physique est le temps nécessaire pour que la radioactivité d’une substance soit divisée par 2. Il faut 10 périodes pour qu’elle soit divisée par 1 000.

2. CRIIRAD et André Paris. Contaminations radioactives : atlas France et Europe.
Editions Yves Michel, 2002.

3. Pour de nombreux scientifiques indépendants, ces chiffres donnés dans la publication
N°103 de la CIPR (année 2007) sous-estiment fortement les risques réels.