Des parasurtenseurs (parafoudres) sont installés sur les lignes téléphoniques
à divers points du réseau (chez l’abonné, à la jonction entre le
réseau aérien et souterrain, au départ de la ligne au central téléphonique).
Pendant plusieurs décennies, ont été utilisés des parasurtenseurs
contenant des sources radioactives. Ces technologies ont été abandonnées
à la fin des années 70 mais selon un inventaire préliminaire réalisé
en 2002 par France Telecom, il en restait encore entre 700 000
et 1 million sur le territoire français (avec une marge d’incertitude
de l’ordre de 50 %).
Compte tenu des questionnements concernant l’impact de ces matériels
sur la santé des agents, le syndicat CGT FAPT du Cantal a commandé
au laboratoire de la CRIIRAD une expertise portant sur des modèles
récupérés par les agents ces derniers mois. Cette étude montre que
:
- Le débit de dose bêta-gamma à la peau, au contact de certains
modèles au radium 226 peut dépasser 400 fois le niveau naturel
(certains
modèles contiennent plusieurs milliers [1] de becquerels de radium
226).
- Du tritium (hydrogène radioactif) diffuse à travers certains
modèles. Selon la bibliographie l’activité en tritium de certains
modèles
serait comprise entre 24 Becquerels et 5,2 millions de Becquerels.
- Du radon 222 (gaz radioactif émetteur alpha) diffuse à travers
certains modèles contenant du radium 226, en particulier lorsqu’ils
sont endommagés.
- Les parasurtenseurs en verre se cassent facilement conduisant
à une contamination en radium 226 et descendants au voisinage
des appareils.
L’exposition qui en résulte pour les agents reste a priori
dans le domaine des très faibles doses mais n’est pas négligeable
sur le
plan de la radioprotection et peut, dans certains cas,
conduire à des expositions supérieures à la dose maximale annuelle
admissible.
La CRIIRAD demande :
1 / Que les études commandées par France TELECOM pour reconstituer
l’exposition passée des agents aux rayonnements ionisants induits
par les parasurtenseurs prennent en compte le problème de la contamination
interne : incorporation du tritium et du radon 222 et les risques
de contamination par des substances radioactives (radium 226, plomb
210, polonium 210, etc.) lors de la casse des matériels. Dans le
cas du tritium (et ce serait à vérifier pour le radon 222), le
gaz radioactif s’échappe des parasurtenseurs même lorsque
l’enveloppe
est intacte. Les rapports officiels analysés par la CRIIRAD ne
prennent pas en compte ce phénomène.
2 / Qu’une information complète soit donnée aux agents sur l’identification
des différents modèles et les précautions à prendre pour déposer
les modèles radioactifs et les entreposer (local ventilé, contrôle
du débit de dose au voisinage des containers et de la radioactivité
de l’air ambiant).
3 / Que les plans de retrait des parasurtenseurs soient effectivement
mis en œuvre rapidement.
[1] A ne pas confondre avec les paratonnerres installés sur les bâtiments et qui
peuvent contenir des sources de radium 226 de plusieurs millions
voire centaines de millions de becquerels
