Jeudi 3 novembre 2022 – Radioactivité des sables de la plage de Trébézy (Saint-Nazaire)

La CRIIRAD a été alertée en avril 2022 par un citoyen qui avait détecté un niveau de radiation anormal au contact de sables de couleur sombre sur la plage de Trébézy.

La CRIIRAD l’a mis en relation avec l’association locale VPBN (Vert Pays Blanc et Noir) qui dispose d’un scintillomètre professionnel. Les mesures effectuées par VPBN le 29 avril 2022 ont permis de confirmer que le niveau de rayonnement gamma est, par endroits, 10 fois supérieur à la normale (voire plus).

Des échantillons de sable ont été envoyés au laboratoire de la CRIIRAD pour analyse. Les analyses ont permis d’établir que les anomalies radiamétriques sont liées à des teneurs anormalement élevées en éléments radioactifs naturels, en particulier uranium 238 et thorium 232, accompagnés de leurs descendants radioactifs.

Cette accumulation de sable radioactif sur la plage peut résulter d’un phénomène naturel lié à l’érosion (1) ou d’une pollution liée à des activités industrielles.

La CRIIRAD a adressé son rapport scientifique à VPBN le 16 juin 2022. VPBN l’a transmis le 17 juin 2022 à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (Division de Nantes), à l’ARS et à la mairie de Saint-Nazaire. Après avoir consulté l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), l’ASN a indiqué par courrier du 30 septembre 2022 qu’il « n’apparait pas nécessaire de recommander des mesures de protection de la population concernant la plage de Trébézy à Saint-Nazaire » et que « l’IRSN a prévu de réaliser courant 2023 une mission de caractérisation radiologique de cette zone ».

Bruno CHAREYRON, directeur du laboratoire de la CRIIRAD, a été interviewé par France Bleu Loire Océan le 3 novembre 2022 (2). La CRIIRAD demande aux autorités  que soient effectuées « une cartographie détaillée des plages en rive droite et en rive gauche de l’estuaire de la Loire pour bien voir où ces phénomènes se produisent », ainsi que des recherches plus poussées pour connaître l’origine du phénomène, « pour comprendre s’il y a moyen de limiter ces apports de sables radioactifs sur les plages ».

Ce dossier a fait l’objet d’un reportage au journal télévisé 19/20 de France 3 Pays de la Loire, mercredi 16 novembre : visionner le reportage.

(1) Voir les communiqués de la  CRIIRAD du 3 avril 2000 et du du 13 avril 2000 sur le phénomène des sables riches en uranium et thorium découverts sur certaines plages de Camargue en 2000.
(2) Réecouter les replays des journaux du 3 novembre 2022 à 6h (sujet à 0m34s) , 7H (sujet à 0m47s) et 7H30 (sujet à 4m47s).