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Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl bouleverse l’Europe et met en évidence l’opacité qui entoure la gestion des risques nucléaires. En France, alors que le nuage radioactif traverse le pays, les autorités affirment qu’il n’existe aucun danger. Pourtant, dans des pays voisins, des mesures de protection sont déjà mises en place pour limiter l’exposition des populations.
Le 29 avril, Pierre Pellerin, directeur du SCPRI (1), est sollicité par les médias. Il soutient “qu’il n’y a pas de réels dangers pour la population locale, juste un problème d’hygiène publique, et certainement pas plus loin que 10 à 20 km au nord de la centrale”.
La désinformation en France est telle qu’un communiqué du ministère de l’Agriculture du 6 mai la résume parfaitement “Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. À aucun moment les hausses observées de radioactivité n’ont posé le moindre problème d’hygiène publique.”
Dans la Drôme et l’Ardèche, des citoyen·nes décident de vérifier eux-mêmes la situation. Ils prélèvent des sols, de l’eau, du lait et des végétaux, qu’ils confient au physicien nucléaire Robert Béraud. Les analyses montrent la présence de césium 137, de césium 134 et d’iode 131, confirmant une contamination préoccupante.
Ces résultats révèlent que la population aurait dû être informée pour éviter la consommation d’aliments contaminés, ce que les autorités n’ont pas fait.
C’est dans ce contexte qu’est fondée la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité). Le groupe à l’origine des prélèvements décide de créer une structure capable de fournir des analyses scientifiques, transparentes et indépendantes de l’État comme des exploitants nucléaires. L’appel lancé par Michèle Rivasi dans l’émission Droit de réponse (2) suscite un large soutien citoyen, permettant la création du premier laboratoire français d’analyses radiologiques indépendant.

Les premières études de la CRIIRAD révèlent la contamination des champignons, de la viande d’agneau et d’autres aliments. Ces résultats contrastent fortement avec les déclarations officielles et permettent d’informer la population sur les précautions à prendre.
Aujourd’hui, la CRIIRAD a mené des centaines d’études et d’expertises pour des collectivités, tribunaux, associations, particuliers et industriels. Grâce au soutien de ses adhérent·es, elle poursuit sa mission : défendre le droit à l’information, la protection des populations et la transparence face aux risques liés à la radioactivité. Elle étudie les usages civils et militaires du nucléaire, la radioactivité naturelle et artificielle, l’impact des installations en fonctionnement normal ou accidentel, afin de permettre à chacun·e de comprendre les risques et d’agir.
Rédaction : Mathilde Hospital •
Notes :
- Service Central de Protection des Rayonnements Ionisants du ministère de la Santé ↩︎
- Voir photo en haut de page : capture d’écran du passage de Michèle Rivasi dans l’émission Droit de réponse, diffusée sur TF1 en septembre 1986 ↩︎
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