Analyses d’échantillons

La CRIIRAD effectue des analyses d’échantillon sur demande. Pour connaître la démarche à suivre s’adresser au laboratoire.

Aucun échantillon ne doit être adressé au laboratoire sans accord préalable. L’équipe scientifique doit s’assurer les besoins de la personne qui souhaite faire réaliser l’analyse sont bien compris et que le laboratoire de la CRIIRAD sera en capacité de répondre à la demande (objectif recherché, type de substance radioactive recherchée, précision de la mesure, délais de réalisation). Contacter le laboratoire par mail : laboratoire@criirad.org. Ou via le formulaire ci-dessous.

    Types d’échantillons pouvant être analysés

    Aliments, bioindicateurs aquatiques et terrestres, matières premières, sol, air, eau, etc.

    Types de radionucléides détectés par le laboratoire de la CRIIRAD

    Depuis 1986, le laboratoire de la CRIIRAD est équipé de chaînes de spectrométrie gamma haute résolution. Cette méthode permet de détecter les principaux radionucléides émetteurs gamma d’origine naturelle et artificielle :

    • Radionucléides naturels émetteurs gamma des chaînes de l’uranium 238, de l’uranium 235, du thorium 232, le potassium 40 et le béryllium 7.
    • Radionucléides artificiels émetteurs gamma tels que le technétium 99m, l’iode 131, le césium 134 et 137, etc.

    Une spécificité du laboratoire de la CRIIRAD est d’examiner l’ensemble du spectre gamma entre 20 keV et 2 MeV de manière à ne pas « passer à côté » d’un polluant radioactif émetteur gamma présent dans l’échantillon mais dont la détection n’aurait pas été demandée.

    Ce type d’analyse est utile pour rechercher des contaminations liées aux retombées des essais nucléaires particulièrement intenses dans les années 50/60, aux retombées de la catastrophe de Tchernobyl (avril 1986), aux retombées de la catastrophe nucléaire de Fukushima (mars 2011), au fonctionnement et rejets des installations nucléaires civiles et militaires, laboratoires de recherche, etc. et aux pratiques de médecine nucléaire (examens de scintigraphie, thérapies mettant en œuvre des sources non scellées).

    Radionucléides spécifiques

    Un certain nombre de substances radioactives ne sont pas détectables par spectrométrie gamma.
    Il peut s’agir de radionucléides qui n’émettent pratiquement que des rayonnements bêta (tritium, carbone 14, strontium 90, technétium 99, plutonium 241, etc..) ou alpha (polonium 210, plutonium 238-239-240, etc..).

    Pour déterminer l’activité de ces radionucléides, il faut alors réaliser des analyses spécifiques qui peuvent représenter un coût élevé.
    Certaines de ces analyses peuvent être effectuées au laboratoire de la CRIIRAD (tritium par exemple), d’autres sont effectuées en partenariat avec d’autres laboratoires français ou à l’étranger. Un échange préalable avec l’équipe du laboratoire de la CRIIRAD permet de mettre en place la stratégie analytique la mieux adaptée.

    Il est souvent judicieux de commencer par une analyse par spectrométrie gamma dont les résultats permettront de décider s’il est utile de réaliser des analyses complémentaires plus ciblées. Par exemple, la détection d’américium 241 (émetteur alpha et gamma) dans un échantillon analysé par spectrométrie gamma peut justifier la réalisation d’analyses complémentaires afin de rechercher la présence des isotopes du plutonium. Tout dépend du contexte. C’est là qu’intervient l’expérience de l’équipe scientifique du laboratoire.

    Cas particulier des contrôles de radioactivité des eaux

    Conseils du laboratoire de la CRIIRAD

    La stratégie d’analyse d’échantillons d’eau va dépendre du contexte.

    Le laboratoire de la CRIIRAD peut contrôler l’activité de l’eau, dans l’environnement (fleuves, canaux, nappes, milieu marin…) mais aussi de l’eau directement bue par les citoyens (captages, eau du robinet, eau minérale).

    Dans certains cas, il peut être pertinent de doser directement certaines substances radioactives dont la présence est suspectée.
    Par exemple, dans l’eau d’un puits proche d’une ancienne mine d’uranium il est pertinent de rechercher en priorité les éléments de type uranium, radium 226, radon 222, plomb 210, etc… Dans une eau de rivière proche d’un site nucléaire dont on sait qu’il manipule et rejette du tritium, cet élément doit être contrôlé en priorité, etc… Les scientifiques du laboratoire de la CRIIRAD vont alors conseiller la personne sur la méthodologie la mieux adaptée.

    S’il s’agit par exemple d’un contrôle réglementaire portant sur des eaux destinées à la consommation humaine,
    la réglementation impose de mesurer 4 paramètres :

    • L’indice d’activité alpha globale
    • L’indice d’activité bêta globale (et le potassium)
    • L’activité du tritium (radionucléide émetteur bêta)
    • Si les eaux sont d’origine souterraine, l’activité du radon 222 (ce dernier contrôle est obligatoire depuis décembre 2015).

    Le dosage du tritium est effectué au laboratoire de la CRIIRAD, par scintillation liquide, avec une grande sensibilité de détection
    (possibilité de détecter des activités de 2 Bq/l et en dessous).

    Le dosage du radon 222 est également effectué au laboratoire de la CRIIRAD, par spectrométrie gamma (le radon est un émetteur alpha, mais il est évalué à partir du dosage de ses descendants à vie courte émetteurs gamma, le plomb 214 et le bismuth 214).

    La mesure des activités alpha et bêta globale est confiée à d’autres laboratoires.

    En fonction des résultats de ce « dépistage » la réglementation impose la réalisation d’analyses complémentaires si des critères d’activité sont dépassés (0,1 Bq/l pour l’activité alpha globale, 1 Bq/l pour l’activité bêta globale résiduelle (lien vers lexique) et 100 Bq/l pour l’activité du tritium).

    Cette méthodologie officielle présente des faiblesses, dénoncées par la CRIIRAD depuis plusieurs années. L’obligation de mesurer le radon depuis décembre 2015 est une avancée notable, mais il reste encore beaucoup à faire (prise en compte du cas particulier des enfants, du problème du plomb 210, etc…).