28 mars 2022 – Site nucléaire de Tchernobyl : point de situation

Situation du personnel

Les 20 et 21 mars, après une présence ininterrompue sur le site depuis le 24 février, date de prise de contrôle par les forces russes, le personnel technique avait enfin pu être remplacé.

Selon le communiqué du SNRIU (organisme ukrainien de contrôle de la sûreté nucléaire) du 26 mars*(3), les forces russes auraient pris le contrôle de Slavutych, ville de résidence du personnel travaillant à Tchernobyl, située à une cinquantaine de kilomètres à l’est de l’ancienne centrale. Le 27 mars, le SNRIU a déclaré à l’AIEA*(4) ne pas savoir quand la prochaine rotation du personnel pourrait avoir lieu.

Incendies

D’après les images satellites de la NASA, au cours des trois dernières semaines, des incendies ont été observés au sein de la zone d’exclusion de Tchernobyl, sans qu’il soit possible d’en déterminer les causes : les feux de forêt sont fréquents dans le secteur, mais les affrontements liés à la situation de guerre pourraient également être un facteur déclenchant.

Les deux foyers d’incendie les plus proches de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, situés à 3 et 4 km à l’ouest de l’arche, ont été observés au cours des dernières 24 heures.

Pour le moment, ces incendies n’atteignent pas l’ampleur de ceux observés en 2020*(5), mais la situation pourrait s’aggraver : le SNRIU prévient que les services de secours ne sont pas en mesure d’intervenir pour éteindre ces incendies « en raison de l’occupation de la zone d’exclusion par les troupes russes ». S’il ne s’agit pas pour le moment d’un sujet d’inquiétude quant à la contamination radiologique de l’air en France, l’exposition du personnel intervenant dans la zone d’exclusion et des habitants des zones proches est un réel sujet de préoccupation.

En effet, d’après un rapport du Centre Hydrométéorologique ukrainien et de l’Académie Nationale des Sciences d’Ukraine, publié sur le site du SNRIU*(6), certains secteurs touchés par ces incendies présentent une contamination surfacique en césium 137 dépassant 200 000 voire 400 000 Bq/m2. La combustion des forêts et de la litière de ces secteurs entraîne une remise en suspension de la contamination. Outre le césium 137, d’autres substances radioactives encore plus radiotoxiques (américium 241, isotopes du plutonium, etc.) peuvent également être remises en suspension.

Rédaction : Julien Syren, avec la contribution de Jérémie Motte
Relecture : Bruno Chareyron
*(3) https://snriu.gov.ua/en/news/chornobyl-npp-facilities-current-situation-march-26-2022 
* (4) https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/update-34-iaea-director-general-statement-on-situation-in-ukraine 
*(5) http://balises.criirad.org/pdf/200423_cpCRIIRAD_incendies_Tchernobyl.pdf
*(6) https://snriu.gov.ua/news/radiacijna-situaciya-v-ukrayini-stanom-na-270322

Télécharger le communiqué

Pour en savoir plus sur les risques liés aux incendies dans le secteur de Tchernobyl, consulter le dossier CRIIRAD de 2020 :

http://balises.criirad.org/actuTchernobyl2020.html et plus particulièrement ce communiqué :

http://balises.criirad.org/pdf/200423_cpCRIIRAD_incendies_Tchernobyl.pdf .