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Après des années de débats, la Programmation pluriannuelle de l’énergie 3 (PPE3) a été publiée par décret le 13 février 2026 [1]. Cette feuille de route établit notamment le mix énergétique français, c’est-à-dire les parts de production entre les différentes filières de l’énergie, pour les dix ans à venir (2025-2035).
Alors que la précédente PPE envisageait la fermeture de 12 réacteurs et l’objectif d’atteindre 50% de nucléaire dans le mix énergétique à l’horizon 2035, celle-ci opte pour la relance du secteur, tout en mettant un frein sur le déploiement de l’éolien terrestre et du solaire. Elle prévoit notamment la poursuite du fonctionnement des réacteurs électronucléaires au-delà de 50 ans puis 60 ans et le lancement du programme de construction de 3 paires de réacteurs EPR2, avec 8 autres réacteurs en option. Ces nouvelles infrastructures font pourtant l’objet de nombreuses controverses, en particulier concernant les garanties de sûreté ou encore l’impact environnemental [2].
Derrière les objectifs affichés de cette planification dont les maîtres mots sont l’“indépendance énergétique” et le “bas carbone”, se trouve un parc nucléaire français qui dépend largement de l’uranium naturel, à hauteur de 8 000 tonnes par an. Loin d’être la prétendue “énergie propre”, le développement du secteur nucléaire entraine l’accumulation des déchets radioactifs, dont les modes d’exploitation et de gestion, de l’extraction [3] jusqu’au stockage [4], représentent des dangers majeurs pour la santé publique et environnementale. La rhétorique déployée dans ce document de pilotage consistant à les présenter uniquement comme des substances valorisables grâce aux filières de “recyclage” est problématique car factuellement utopique en l’état actuel.
Rédaction : Lola Gonzalez •
Notes :
[1] Concertation sur la stratégie française pour l’énergie et le climat, Les grands enjeux de la PPE3.
[2] Compte rendu du débat public sur les nouveaux réacteurs nucléaires et projet Penly, établi par la CNDP
[3] CRIIRAD – Dossier “Extraction de l’uranium”
[4] CRIIRAD – Dossier “Stockage/Entreposage des déchets radioactifs”
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