Communiqué des associations membres du Collectif Mines d’Uranium, du 12 novembre 2025 :
Aghir In’Man, Les Amis d’Aghir In’Man, Agir Autrement pour la Xaintrie, Arrêt du Nucléaire 34, Collectif Bois Noirs, CRIIRAD, FNE 63, Moine et Sèvre pour l’Avenir, Oui à l’Avenir de la Creuse, Puy de Dôme Nature Environnement, Roz Glas, Vert Pays Blanc et Noir, VPEG
Arlette Maussan, cheville ouvrière du Collectif Mines d’Uranium (CMU), nous a brutalement quittés le 6 novembre.
C’est une immense perte dans le combat pour la reconnaissance de l’héritage radioactif des anciennes mines d’uranium, qu’Arlette menait avec acharnement depuis plus de 40 ans.
Nous avons du mal à réaliser qu’elle n’est plus là, tant son énergie nous accompagnait encore quelques heures avant son décès, en pleins préparatifs de la 14ème rencontre du collectif.
Depuis des décennies, Arlette sillonnait les routes et chemins des anciens sites miniers français, en commençant par celui de Saint-Priest-La-Prugne où elle était une figure du Collectif des Bois Noirs. Face aux représentants de l’Etat ou des industriels, Arlette ne s’en laissait jamais conter.
Son énergie irriguait le Collectif Bois Noirs, le CMU et la CRIIRAD dont elle avait été administratrice dans les années 2010.
En sa mémoire, les associations membres du CMU ont tenu à maintenir la rencontre qui s’est tenue à Guérande les 8 et 9 novembre, à l’invitation de Vert Pays Blanc et Noir.
Mines d’hier, mines de demain : même combat. C’est le message qu’Arlette avait fait passer en juillet dernier, avec la CRIIRAD, lors du week-end No Mine’s Land autour du projet IMERYS de mine de lithium à Echassieres dans l’Allier.
Ce message, le CMU compte bien continuer à le porter en s’associant à la mobilisation des collectifs, associations, citoyen·nes et élu·es pour la prise en compte de toutes les pollutions associées aux projets d’exploration minière Breizh Ressources dans l’ouest.
Arlette, tu vas nous manquer cruellement, nous tenons à te remercier pour tous ces moments partagés dans l’empathie et la convivialité.
Nous rendons également hommage à Marcel Breugnot, disparu le 10 octobre, fondateur et pilier infatigable de Puy de Dôme Nature Environnement, association membre du CMU.
Arlette et Marcel, en votre mémoire nous continuerons le combat !
Photos, podcasts et vidéos avec Arlette

Podcast de la CRIIRAD : “Anciennes mines d’uranium en France, chemins contaminés aujourd’hui”

Podcast de la CRIIRAD : “Mines d’uranium : un héritage empoisonné, l’exemple des Bois Noirs”

Vidéo CRIIRAD : “Anciennes mines d’uranium en France, chemins contaminés aujourd’hui”
Hommage d’ADN 34 (sous-groupe Mines d’uranium)
Très chère Arlette,
Nos chemins se sont croisés aux abords d’anciennes mines d’uranium, notamment celles du sud-Lodévois où tu nous as aidées à estimer l’ampleur de la pollution laissée par l’industrie du nucléaire.
Ton détecteur gamma dans un sac discret au bout de ton bras, tu as arpenté le terrain avec nous, nous offrant ta bonne humeur, ton énergie, tes encouragements, tes notes … et tes petits gâteaux ! Ta ténacité et ta persévérance faisaient notre admiration lors des réunions du Collectif Mines d’Uranium, toi qui connaissais si bien l’ensemble des sites miniers français.
Tu n’avais pas froid aux yeux et tu ne t’en laissais pas conter, bravant avec audace et courage les pollueurs qui cherchaient à nous faire avaler des couleuvres. Ta détermination sans faille est un exemple pour nous.
Mais Arlette, nos souvenirs de partage avec toi c’étaient aussi les randonnées (tu semblais connaître notre Caroux aussi bien que nous), l’amitié, la sincérité, les sourires, les cadeaux que tu nous avais gravés de tes mains.
Et, chaque mois de janvier, tes vœux en images, tes photos de givre ou de neige nous faisaient commencer l’année de bien belle façon.
Généreuse Arlette, très chère Arlette, tu vas nous manquer, bonne route.
Odile et Florence, Arrêt du nucléaire 34 (Hérault), le 12 novembre 2025 •
Hommage des membres de la CRIIRAD
Arlette, une infatigable militante, authentique, généreuse, engagée, intègre s’en est allée.
Arlette nous a quittés dans la nuit du 5 au 6 novembre. Elle aura eu une action déterminante pour que l’héritage radioactif de l’ancienne mine d’uranium des Bois Noirs soit reconnu. Elle aura su reprendre la présidence du Collectif des Bois Noirs à la suite de Georges Duray, maintenir la cohésion du groupe même après des décennies de combat.
Il en faut de la détermination pour marteler les mêmes vérités sans se lasser, pendant dix, vingt ou trente ans. Il en faut de la force intérieure pour trouver ce ton juste mais incisif, avec une petite voix, mais tellement ferme. Sa connaissance millimétrique du terrain qu’elle sillonnait inlassablement avec le radiamètre professionnel prêté par la CRIIRAD, sa maîtrise parfaite des dossiers techniques et de la règlementation imposait le respect lors des réunions de la Commission de Suivi de Site des Bois Noirs. Elle était de taille, Arlette, face à une certaine arrogance des représentants de COGEMA-AREVA-ORANO.
La synergie avec la CRIIRAD et l’amitié avec plusieurs de ses membres administrateurs et salariés auront été une source de force pour les deux structures, CRIIRAD et Collectif des Bois Noirs. Une partie de cette histoire est racontée brièvement dans le podcast “Mines d’uranium : un héritage empoisonné, l’exemple des Bois Noirs”.
Mais ce sont la détermination personnelle et la pugnacité d’Arlette qui auront permis que des dizaines de lieux soient décontaminés autour de la mine des Bois Noirs et ailleurs. C’est grâce à Arlette que des matériaux très irradiants ont été évacués, comme en 2002 ce bloc de minerai laissé à l’entrée d’un pavillon à Saint-Priest-La-Prugne ou encore en 2014 ces filtres contaminés qu’un ancien travailleur avait ramenés à son domicile.
Arlette, ce sont des dizaines et des dizaines d’interviews pour des médias locaux, nationaux et internationaux, l’accueil de stagiaires, chercheur·euses, militant·es du monde entier pour les sensibiliser sur l’impact des mines d’uranium.
Au-delà du site des Bois Noirs, Arlette aura été également une force puissante, au sein du Collectif Mines d’uranium, fondé sous son impulsion. Elle a su y fédérer et y soutenir d’autres associations confrontées aux mêmes problèmes en France et dans le Monde. Sa disparition aura semé un voile de tristesse jusqu’à Arlit au Niger.
Nous perdons une alliée et une amie… Il nous reste encore au réfectoire quelques petits gâteaux qu’Arlette ne manquait pas de faire passer à la CRIIRAD dès qu’elle en avait l’occasion et des pierres finement ciselées de sa main, puisque c’était sa profession. Arlette savait graver aussi des cadrans solaires, elle savait capter la lumière et la faire rayonner autour d’elle et cette empreinte lumineuse restera longtemps gravée dans nos cœurs.
Bruno Chareyron •


Salut l’artiste !
Derrière tes lunettes et au-delà de tes périples militants tu façonnais avec amour la pierre. Le 29 cours Manuel de Falla que tu as sculpté nous restera comme un emblème.
Tu personnalisais tellement de valeurs que l’on ne peut les citer au risque d’en oublier. Tu nous as tous conquis avec tes gâteaux au point d’en devenir addicts et d’attendre avec impatience la prochaine rencontre.
Ton humilité mais surtout ta fermeté devant nos contradicteurs les désarçonnait. Tu connaissais évidemment mieux que personne les dossiers ET le terrain, à tel point tu étais redoutée par Orano, qui mettait beaucoup d’énergie à trouver des interlocuteurs quand tu étais présente. Dans les joutes, tu étais souvent victorieuse sans fanfaronner, c’était pour “la cause”.
On n’oubliera pas tous les chemins que tu nous as fait arpenter, en particulier celui de la “Pierre des fées”, ton préféré je crois.
Bref tu es irremplaçable, tu nous manques !
Roland Desbordes •
Entre Arlette et la CRIIRAD, avec une même indépendance et une même rigueur, enracinées dans une exigence de vérité, la rencontre était inévitable. Et sa participation, un temps, à son Conseil d’Administration, un enrichissement réciproque. Infatigable militante de terrain, son DG5 (détecteur de rayons gamma et x) en bandoulière ou à la main, elle arpentait le centre de la France où les anciens sites miniers du CEA et de la Cogema avaient répandu un peu partout, et sans précaution particulière, quelques millions de tonnes de déchets miniers radioactifs. La problématique des mines d’uranium constituant une préoccupation constante du laboratoire de la CRIIRAD, son appui scientifique à Arlette a connu son point d’orgue en 2009 avec l’émission de France 3, “Pièces à conviction : Uranium, le scandale de la France contaminée” où Arlette (comme Bruno et Christian) dénonce les manquements et les mensonges des industriels et des Autorités. Déterminée et tenace, elle affrontera souvent, avec d’autres associations, préfets et élus pour faire appliquer ou évoluer la réglementation.
Jacques Redoux •
ANALYSER • INFORMER • REVENDIQUER
La CRIIRAD est une association d’intérêt général qui produit et diffuse des informations indépendantes des autorités et des industriels, sur la base de ses recherches et des résultats issus de son propre laboratoire scientifique.
Grâce à votre soutien, nous agissons depuis 40 ans, pour que chacune et chacun dispose des informations et des moyens nécessaires pour se prémunir des risques liés à la radioactivité.
Nos actions nécessitent du temps et des ressources.
COMMENT NOUS SOUTENIR ?
Faire un don ponctuel
Un don ponctuel, même petit, est un acte de soutien important pour l’association.
Faire un don régulier
Si vous le pouvez, préférez un don régulier (mensuel, trimestriel, annuel).
Devenir adhérent·e
L’adhésion est un soutien sur le long terme et vous fait prendre part à la vie associative.
Si vous êtes imposable, les cotisations et les dons ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant retenu dans la limite de 20 % du revenu imposable.





