LES PENDENTIFS RADIOACTIFS

(et autres objets vendus pour leur capacité à émettre des « ions négatifs »)

Etude cofinancée par les adhérents de la CRIIRAD et le Conseil Régional de Rhône-Alpes (CP0 2014-2016)

Des pendentifs censés préserver la santé de ceux qui les portent
les exposent en réalité à des risques accrus de cancer

Des pendentifs dits « énergétiques » sont censés apporter bien-être et santé aux consommateurs grâce aux émissions d’ions négatifs qu’ils produisent. Les notices de présentation soulignent que les objets peuvent être portés de jour comme de nuit, par des adultes ou des enfants. Rien ne met en garde contre la présence de radioactivité. Certains sites affirment même que ces objets ne sont pas radioactifs : ils n’émettraient aucune radiation et en protègeraient au contraire ceux qui les portent.

Les analyses effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD ont révélé que les objets contrôlés ont des niveaux de radioactivité naturelle anormalement élevés qui les apparentent à du minerai radioactif. Les concen-trations en produits radioactifs des chaînes de l’uranium 238 et du thorium 232 sont des centaines, voire des milliers de fois supérieures à l’activité moyenne des sols !

Pour le public, le risque principal concerne l’irradiation de la peau. Les 5 modèles de pendentif contrôlés peuvent tous conduire au dépassement de la limite de dose équivalente à la peau ! Les tests ont montré que l’interposition d’un tee-shirt ou même d’un pull ne permet pas de protéger correctement l’épiderme.

L’étude juridique qui a été réalisée montre que la vente de ces produits est illégale : violation des dispositions du code de la santé publique (qui interdit tout ajout de radioactivité dans les parures, sans possibilité de dérogation) et du code de la consommation (qui interdit la vente de produits mettant en danger la santé des consommateurs et qui sanctionne les publicités trompeuses).

La CRIIRAD a donc saisi la DGCCRF afin que toutes les mesures nécessaires soient prises pour stopper l’importation et la commercialisation de ces objets et procéder à la reprise des exemplaires déjà vendus.

Outre les pendentifs, le laboratoire de la CRIIRAD a confirmé que des matières radioactives ont été utilisées pour la fabrication d’autocollants dits antiradiation (à apposer sur les téléphones portables et tout appareil électrique) et dans des disques en caoutchouc dits « à énergie quantique » (utilisable en sous-verre pour le « traitement » de l’eau ou en application sur la peau pour le « traitement » des douleurs).

La CRIIRAD demande en conséquence que soient recensés et vérifiés tous les produits susceptibles d’être concernés (pendentifs, colliers, bracelets, perles, filtres à eau, cartes, etc.). Doivent être traités en priorité les produits en contact direct avec l’organisme et les produits susceptibles de conduire à des contaminations internes. Tout doit être fait pour informer dans les meilleurs délais les consommateurs et les professionnels concernés.

La libre circulation de ces produits pose la question de la responsabilité des fabricants et importateurs mais également celle des contrôleurs. La CRIIRAD a saisi la Commission de la Sécurité des Consommateurs afin qu’un enquête soit diligentée et qu’un avis, assorti de recommandations, soit adressé aux autorités concernées et notamment au ministère de la Santé et à l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Cette instance a depuis saisi la DGCCRF mais a déclaré être, pour l’instant, dans l’incapacité de lancer une enquête : cette décision relève du président et le poste de président est vacant (depuis 2014 !). 

Pour être efficaces, les actions d’information et de contrôle doivent être conduites au niveau européen.  La CRIIRAD a donc saisi la Commission européenne et demander l’activation du dispositif RAPEX.

La CRIIRAD sera attentive aux suites qui seront données à ses demandes et se réserve le droit de saisir la justice si rien n’est fait pour assurer la protection des consommateurs.

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