Association / Missions

MISSIONS

Les missions de la CRIIRAD s’articulent autour de trois axes :

CONTROLER la radioactivité de l’environnement et des matériaux et évaluer l’impact des rejets radioactifs des installations nucléaires

Avec son laboratoire, la CRIIRAD mène ses investigations sur le terrain, et conduit des analyses afin de détecter les contaminations de l’environnement, des aliments, des matériaux… Une expertise indépendante au service des citoyens, des associations, des médias et de tous ceux qui veulent savoir, afin de dénoncer les pollutions et permettre une évolution de la réglementation.





INFORMER sur la radioactivité et ses applications civiles et militaires

Dès sa création, l’une des missions essentielles de la CRIIRAD a été d’informer le public, afin de l’aider à décrypter les informations officielles, souvent incomplètes ou mensongères. De plus en plus, la CRIIRAD dénonce les conflits d’intérêts des experts et autorités autoproclamés « indépendants » qui désinforment sous couvert de transparence.



PROTEGER les populations contre les risques induits par les rayonnements ionisants

L’amélioration de la protection du public contre les dangers des rayonnements ionisants, quelle que soit leur origine, naturelle ou artificielle, est l’une des priorités de la CRIIRAD. Cela passe notamment par :




  • La mobilisation contre les décisions ou actions qui remettent en cause la protection des personnes ; cette mobilisation pouvant aller jusqu’à ester en justice pour faire condamner les responsables.

  • L’amélioration de la règlementation en matière de protection et la lutte contre la dégradation des dispositions existantes.

  • L’information du public, des travailleurs, des collectivités, etc. sur la protection contre les risques des rayonnements ionisants.

Ces trois axes sont souvent indissociables dans les actions menées par la CRIIRAD. Voici quelques exemples :

Les anciennes mines d’uranium

En France, environ 200 sites d’extraction d’uranium ont été exploités sur 25 départements. Ainsi, plus de 70 000 tonnes d'uranium ont été extraites entre 1946 et 2001. Et pourtant, des années après l’arrêt des installations (mines et carrières, usines d’extraction de l’uranium), l’impact de l’exploitation de l’uranium demeure très important, même après un « réaménagement » des sites par l’exploitant. La CRIIRAD a dû en effet se battre durant de nombreuses années pour faire décontaminer d’anciens sites miniers et ainsi assurer la protection du public et des riverains. Par exemple, le terrain autour du foyer de ski de fond de Lavoine (03) a finalement été décontaminé en 2009 par AREVA. Mais d’autres dossiers sont toujours en cours, et même lorsque l’exploitant accepte d’intervenir, les moyens employés ne garantissent pas la décontamination totale des sites (voir l’exemple du parking du stade de football de Gueugnon, qui abrite toujours 20 000 tonnes de déchets radioactifs) !
Aujourd’hui, pour assurer la prétendue « indépendance énergétique » de la France et suite à l’épuisement des ressources dans l’Hexagone, les industriels exploitent des mines d’uranium dans des pays lointains, notamment le Niger pour Areva Ces exploitations minières générant de nombreuses sources de pollution ont amené la CRIIRAD à dénoncer, avec les associations locales, les contaminations de l’environnement et les risques sanitaires pour les populations et les travailleurs.

Radioactivité médicale

L’exposition médicale est un sujet récurrent. La CRIIRAD alerte régulièrement le public sur les questions d’examen diagnostics (radiographies, scanners, scintigraphies, PET-Scan…) ou de thérapies (radiothérapie, curiethérapies…) provoquant une exposition aux rayonnements ionisants. Sans vouloir remettre en cause le progrès apporté par ces dispositifs, il est important de dénoncer les examens inutiles, l’insuffisance des contrôles (il peut exister des écarts dans la dose délivrée de 1 à 10 pour un même examen !), le manque d’information du patient et de son entourage sur les mesures et précautions à prendre pour diminuer l’exposition.


Gaz radon dans les bâtiments

Le radon est un gaz radioactif naturel, issu de la chaine de désintégration de l’uranium contenu dans le sol et les roches. Il peut s’accumuler dans les bâtiments. Inhalé, il est très nocif : c’est la 2eme cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac. Dès 1988, la CRIIRAD s’est battue pour faire reconnaître ce risque et alerter les personnes exposées. Il a fallu attendre pratiquement 10 ans pour que les autorités agissent. Les contrôles de radon sont ainsi devenus obligatoires en 2004, dans 31 départements, dans les établissements recevant du public et depuis 2009 dans certains lieux de travail.

Cependant, le risque lié au radon dans l’habitat n’est, à ce jour, pas réglementé alors qu’il s’agit souvent de la principale voie d’exposition.

Aliments contaminés

Entre 2004 et 2007, la CRIIRAD s’est battue contre différents projets de commercialisation d’aliments contaminés. Il s’agissait notamment des projets de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) et du Codex Alimentarius, qui prévoyaient d’autoriser les aliments contaminés, à condition qu’ils ne dépassent pas certains seuils de radioactivité. La CRIIRAD s’est battue pour que la norme reste à l’absence de pollutions radioactives. Forte des signatures de plus de 180 000 citoyens, l’association a obtenu que les autorités internationales revoient leur copie.

Eau potable

Un combat en cours pour protéger le public contre l’exposition à la radioactivité concerne également l’eau potable. Si, par exemple, les analyses bactériologiques sur l’eau du robinet sont régulièrement effectuées par les services officiels, force est de constater que les mesures de radon ont longtemps été ignorées. La non prise en compte du danger que celui-ci représente rend urgente la prise de conscience du problème, en particulier dans les zones où l’eau est fortement chargée en radon (ex. Haute–Loire, Limousin...). Quand les calculs existent, le calcul officiel sous-évalue la dose réellement subie par les consommateurs et par conséquent le niveau de risque auquel ils sont exposés. Les enfants sont plus particulièrement concernés : les caractéristiques anatomiques et physiologiques des plus jeunes n’étant pas prises en considération, une eau peut être considérée comme conforme aux critères de qualité radiologique alors qu’elle délivre aux enfants une dose très supérieure à la limite réglementaire ! La CRIIRAD a interpellé les autorités sanitaires sur ce sujet et lancé une série de mesures de la qualité radiologique de l’eau potable dans différents départements.

Transport de matières radioactives

Selon le CEA, « chaque année environ 400 000 colis de matières radioactives circulent en France ce qui représente 2 % du trafic des matières dangereuses ». En effet, si la grande majorité de la population sait reconnaître le fameux « trèfle radioactif » sur un véhicule, très peu savent que, dans la majorité des cas, une radiation parfois intense s’échappe de ces véhicules et irradie abusivement/dangereusement les personnes situées à proximité. La CRIIRAD a dénoncé l’irradiation des cheminots et du public lors du transport par rail des combustibles irradiés et demandé aux instances européennes une enquête élargie à l’ensemble des moyens de transport. Les mesures effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD montrent que le transport des substances radioactives conduit à des expositions non négligeables pour le public.

Publication de l’Atlas des contaminations radioactives en France

Outre le bulletin d’information de ses adhérents, la CRIIRAD publie régulièrement des fiches, dossiers et ouvrages à destination du grand public. Face à la désinformation des services officiels, la CRIIRAD a notamment publié en 2002 avec André Paris un Atlas en France des contaminations du territoire suite aux retombées de Tchernobyl. Il faudra attendre 2006 pour que les autorités françaises établissent une cartographie officielle qui confirmera les mesures révélées depuis de nombreuses années par la CRIIRAD.




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