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CRIIRAD 40 ANS • 10 dates clés | 2009 : mines d’uranium, le coup de tonnerre de l’émission “Pièces à conviction”

🕙 Lecture 2 min

Le 11 février 2009, le reportage “Uranium, le scandale de la France contaminée” est diffusé sur France 3, dans l’émission Pièces à conviction présentée par Élise Lucet. Parking du stade de football de Gueugnon (Saône-et-Loire), chemins et foyer de ski de fond autour de l’ancienne mine des Bois Noirs à Saint-Priest-la-Prugne (Loire et Allier), aire de loisirs et lotissement à Saint-Pierre (Cantal), étang de la Crouzille et ancienne mine de Bellezane (Haute-Vienne) : conçu avec le soutien scientifique de la CRIIRAD, le reportage met en évidence de nombreuses situations de pollution autour des anciens sites français de production d’uranium (mines, usines de traitement du minerai).

Enquête édifiante [qui] pose beaucoup de questions” pour l’Obs, découverte “stupéfiante” d’après le Parisien, “film qui a soulevé un problème d’ampleur nationale et mis Areva en difficulté” selon Télérama qui classe le reportage parmi les “docs qui ont changé le monde” : l’écho médiatique est énorme.

À sa suite, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie, publie une circulaire demandant à Areva de recenser les “zones de réutilisation de stériles miniers dans l’environnement”. Les stériles, longtemps présentés par l’ANDRA [1] comme des “roches contenant peu ou pas du tout d’uranium”, sont en réalité des roches dont les teneurs en uranium sont supérieures à la moyenne, mais insuffisantes pour que leur traitement soit rentable. Ils présentent une activité totale de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers de becquerels par kilogramme (Bq/kg), voire plus, ce qui les classe dans la catégorie des déchets radioactifs de très faible activité (TFA).

Le recensement permettra l’identification de nombreux sites pollués, et contraindra Areva à en décontaminer des dizaines. C’est une étape importante dans le combat entamé par la CRIIRAD plus de 20 ans auparavant pour la prise en compte des pollutions engendrées par les mines d’uranium, en France (250 sites entre 1945 et 2001) et à l’étranger. Depuis 2003, la CRIIRAD est intervenue au Niger, en Namibie, au Malawi, au Mali, au Brésil, en Bulgarie. Ce combat, la CRIIRAD n’aurait pu le mener sans les associations locales, avec qui elle a créé en 2012 le Collectif Mines d’Uranium, sous l’impulsion de la regrettée Arlette Maussan du Collectif Bois Noirs.

Combats d’hier, combats de demain : les pollutions persistent avec les stériles ainsi que les résidus de traitement du minerai, encore plus radioactifs. Et les projets miniers se multiplient, à l’étranger (uranium en Mongolie) mais aussi en France, où les compagnies recherchent de nombreuses substances (lithium, or, terres rares, zirconium…) dans des formations géologiques et des minéraux connus pour présenter une radioactivité élevée.

Rédaction : Julien Syren •


Photo en haut de page : Résidus d’extraction de l’uranium, Limousin @ CRIIRAD 1994

Note :
[1] Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs.


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