🕙 Lecture 3 min
30 avril 1986. Les masses d’air contaminées provenant de Tchernobyl, dont le réacteur n°4 a explosé 4 jours plus tôt, survolent la France. Les balises situées aux abords des centrales nucléaires EDF détectent une forte hausse de la radioactivité dans l’air : la teneur atmosphérique en césium 137 est multipliée par un million. Mais les données ne sont pas communiquées au public.
À cette époque, impossible de vérifier ce qu’il en est réellement : les seules balises sont celles gérées par l’État et les exploitants nucléaires. Pour la CRIIRAD, la situation serait toute autre avec des balises indépendantes : le public disposerait d’une autre source d’information, et la pluralité des sources obligerait l’État à un minimum de transparence.
C’est dans ce contexte qu’en juillet 1989, sous l’impulsion de la CRIIRAD, le Conseil Général de la Drôme et les Villes de Valence, Romans-sur-Isère et Montélimar décident de créer un réseau de surveillance de la radioactivité atmosphérique. Les trois balises gérées par la CRIIRAD sont fonctionnelles le 1er mai 1990. Rapidement, la ville d’Avignon rejoint le réseau, par l’installation d’une balise atmosphérique en juin 1991, et d’une balise aquatique sur le Rhône en 1992 [1].
Les balises atmosphériques piègent les poussières et gaz présents dans l’air. Elles permettent deux niveaux de contrôle : des mesures en direct afin de détecter sans délai une contamination de l’ampleur de celle de Tchernobyl en France et des mesures en différé pour identifier a posteriori des contaminations de moindre ampleur. Deux événements de ce type ont été détectés par le réseau : la présence de césium 137 suite la fonte accidentelle d’une source radioactive à Algésiras (Espagne) en 1998 ; la présence de césium 137 et d’iode 131 suite à la catastrophe de Fukushima en 2011.
Au cours des années 2000, le soutien de nouvelles collectivités permettra d’ajouter des balises atmosphériques en Isère (au Péage-de-Roussillon) et en Ardèche (à Saint-Marcel-d’Ardèche) [2]. Quatre sondes de spectrométrie gamma mesurant directement l’air seront installées entre 2018 et 2022 à Genève, Grenoble et autour de Lyon (à Givors et Meyzieu).
35 ans après sa création, le réseau perdure. Il est financé à 75% par les collectivités locales, et à 25% par la CRIIRAD sur ses fonds propres.
En complément des balises, la CRIIRAD assure une veille sur les incidents ou accidents pouvant avoir des conséquences radiologiques notamment dans le sud-est de la France. Le service balises de la CRIIRAD effectue ainsi depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en février 2022, une veille quotidienne et publie des informations si nécessaire.
Rédaction : Jérémie Motte •
—
Pour en savoir plus :
• Consulter le site des balises sur balises.criirad.org
Note :
[1] En 2024, cette station est arrêtée et remplacée par un programme de surveillance radioécologique.
[2] Cette station ne fonctionne plus depuis 2023 suite à l’arrêt de son financement par les collectivités locales.
—
Photo en haut de page : Christian Courbon, alors technicien du laboratoire de la CRIIRAD, en train de réaliser le relevé d’une balise © CRIIRAD 1995
ANALYSER • INFORMER • REVENDIQUER
La CRIIRAD est une association d’intérêt général qui produit et diffuse des informations indépendantes des autorités et des industriels, sur la base de ses recherches et des résultats issus de son propre laboratoire scientifique.
Grâce à votre soutien, nous agissons depuis 40 ans, pour que chacune et chacun dispose des informations et des moyens nécessaires pour se prémunir des risques liés à la radioactivité.
Nos actions nécessitent du temps et des ressources.
COMMENT NOUS SOUTENIR ?
Faire un don ponctuel
Un don ponctuel, même petit, est un acte de soutien important pour l’association.
Faire un don régulier
Si vous le pouvez, préférez un don régulier (mensuel, trimestriel, annuel).
Devenir adhérent·e
L’adhésion est un soutien sur le long terme et vous fait prendre part à la vie associative.
Si vous êtes imposable, les cotisations et les dons ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant retenu dans la limite de 20 % du revenu imposable.




