CRIIRAD 40 ANS • 10 dates clés | 1988 : informer sur le risque radon

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En 1987, le Centre international de recherche sur le cancer, agence dépendant de l’Organisation Mondiale de la Santé, classe le radon comme cancérigène certain pour l’Homme. La même année les USA lancent un plan national d’action radon.

En France, la CRIIRAD constate le silence radio des autorités : “ni le Ministère de l’Environnement, ni celui de la Santé n’ont encore mis à la disposition des citoyens une plaquette d’information pour les initier à cette question”. L’information sur le risque lié à la radioactivité naturelle faisant pleinement partie de ses missions, elle publie un dossier sur ce thème dans sa revue, le CRI DU RAD n°9 d’octobre 1988. Il comprend un “Guide du radon à l’usage des citoyens”, librement traduit d’un document édité aux USA par l’Agence pour la Protection de l’Environnement et le Ministère de la Santé, ainsi que les résultats de mesures effectuées dans 6 départements français à l’aide de capteurs achetés aux USA.

Suite à ce dossier, les citoyen·nes questionnent le SCPRI (1). Celui-ci diffuse sur son répondeur un message plus que rassurant : “la concentration moyenne dans l’atmosphère est de l’ordre de un cent millionième de milliardième pour cent”, “dans la vie moderne, ce sont les mineurs qui en respirent le plus mais beaucoup moins cependant que l’homme des cavernes dont nous descendons”. Pour le SCPRI, pas besoin de mesurer le radon si l’on respecte les “règles d’hygiène élémentaires” qui permettent de se prémunir des “autres pollutions bien réelles celles-là” (sic).

Depuis, la CRIIRAD ne cesse d’œuvrer à la reconnaissance du risque lié au radon, dans l’habitat, autour des anciennes mines d’uranium, dans l’eau potable… Les choses évoluent, mais lentement. Il faut attendre 1996 pour qu’une directive européenne introduise une obligation de gestion du risque du radon dans les bâtiments, et 2004 (dans les lieux ouverts au public) puis 2010 (pour les lieux de travail) avant sa transcription dans le droit français.

En parallèle, les études épidémiologiques démontrent que les risques de cancer pulmonaire liés à l’exposition au radon dans l’habitat sont plus élevés que prévus.

En 2016, la CRIIRAD publie un examen critique du dispositif français de gestion du risque radon, montrant que la réglementation est loin d’être à la hauteur des enjeux : les professionnels ne sont pas formés aux techniques d’assainissement, et l’habitat n’est toujours pas visé par les obligations alors que les Français y passent en moyenne deux tiers de leur temps. Pendant ce temps aux USA, plus de 20 millions d’habitations ont été mesurées et plus d’1 million ont été traitées.

Dix ans plus tard, si l’habitat reste quasiment exclu des obligations, l’État envisage enfin de mettre en place une formation certifiante “Expertise radon” : ce n’est qu’un début, continuons le (long) combat !

Rédaction : Julien Syren •


Note :

  1. Service Central de Protection des Rayonnements Ionisants du ministère de la Santé ↩︎


Image en haut de page :
Couverture de la revue CRI DU RAD n°9 d’octobre 1988 / Fond © Freepik


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