16/04/2026 – Gestion des retombées radioactives de Tchernobyl sur la France

🕙 Lecture 3 min.

La CRIIRAD demande aux autorités de reconnaitre la réalité et la gravité des dysfonctionnements

Pour cela, elle a sélectionné 3 des dysfonctionnements les plus préoccupants qu’elle a identifiés :

  • 1/ non-respect du règlement européen du 30/05/1986 destiné à protéger les populations contre l’importation d’aliments trop contaminés. Le haut responsable de la surveillance radiologique du territoire a systématiquement déclaré « consommables sans restriction » des aliments venus de pays de l’Est ou de Turquie qui dépassaient largement la limite de contamination (ainsi que l’attestaient les analyses de ses propres laboratoires).
  • 2/ violation de la prescription européenne imposant de tenir compte des caractéristiques anatomiques et physiologiques des enfants afin de leur garantir le niveau de protection prévu par la loi. Dans le cas de l’iode 131, leur appliquer comme cela a été fait, la limite établie pour les adultes revenait à les exposer à des doses 7 fois supérieures aux limites admissibles. 
  • 3/ altération du contenu d’une directive européenne lors de sa transposition en droit français avec pour conséquence d’exposer les enfants à des risques sanitaires inacceptables.

Il s’agit de déterminer la confiance que l’on peut avoir dans les instances qui auront en charge notre protection en cas de nouvelle contamination, qu’elle soit liée à un accident, un attentat ou un acte de guerre.

En savoir plus :

Obtenir enfin la levée du secret

Le 1er avril 2026, la CRIIRAD a saisi la ministre de la Santé afin d’obtenir la levée du secret :

  • 1/ sur la falsification du contenu de la directive 87/467/Euratom lors de sa transposition en droit français en 1988 : qui est responsable de la suppression des dispositions qui devaient garantir la protection des enfants ?
    « Tant que nous ne saurons pas qui a agi, comment cela s’est déroulé, quels verrous ont été défaillants, rien ne dit que, demain, ce genre de choses ne se reproduira pas. ». Ce constat fait en 2002, lors de la dernière interpellation du ministère de la Santé, reste à ce jour inchangé.
  • 2/ sur la répartition mois par mois des cas d’hypothyroïdie congénitale survenus en 1986 dans les régions Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et Corse. Cette information est nécessaire pour vérifier si le pic d’hypothy­roïdies constaté chez les nouveau-nés est bien lié aux retombées radioactives de Tchernobyl (et plus précisément à la contamination in utero des fœtus par les iodes radioactifs inhalés et ingérés par les futures mamans).

Toutes les démarches effectuées au fil des décennies sont restées vaines.

Une réponse a été demandée avant la commémoration du 40e anniversaire de Tchernobyl. Elle devrait permettre de déterminer si la censure est toujours à l’œuvre ou si les autorités sont prêtes à lever les obstacles mis à la manifestation de la vérité.

En savoir plus :

Rédaction : Corinne Castanier •


Photo en haut de page : Étapes préparatoires à la mise en place du sarcophage de la centrale de Tchernobyl (1986) © IAEA Imagebank via Wikimedia Commons


ANALYSER • INFORMER • REVENDIQUER

La CRIIRAD est une association d’intérêt général qui produit et diffuse des informations indépendantes des autorités et des industriels, sur la base de ses recherches et des résultats issus de son propre laboratoire scientifique. 
Grâce à votre soutien, nous agissons depuis 40 ans, pour que chacune et chacun dispose des informations et des moyens nécessaires pour se prémunir des risques liés à la radioactivité
Nos actions nécessitent du temps et des ressources.

COMMENT NOUS SOUTENIR ?

Faire un don ponctuel
Un don ponctuel, même petit, est un acte de soutien important pour l’association.

Faire un don régulier
Si vous le pouvez, préférez un don régulier (mensuel, trimestriel, annuel).

Devenir adhérent·e
L’adhésion est un soutien sur le long terme et vous fait prendre part à la vie associative.

Si vous êtes imposable, les cotisations et les dons ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant retenu dans la limite de 20 % du revenu imposable.