Le casse-tête des analyses

Le QCM ci-dessous permet d’entrevoir comment l’IRSN élabore et interprète les chiffres qu’il publie. Vous pourrez ainsi apprécier la signification réelle de certains résultats, le  bien-fondé des représentations graphiques, l’objectivité et la pertinence des interprétations.

Question n°1

Page 35 de son rapport, l’IRSN publie un graphique sur les concentrations de l’uranium dans l’eau. Les résultats sont exprimés en microgramme d’uranium par litre (µg/L). L’IRSN compare la valeur obtenue pour le constat radiologique minier de la Dordogne (soit 0,14 µg/L) à celles de l’environnement courant (de 0,1 µg/L à 0,5 µg/L) et à l’environnement proche d’anciens sites miniers ou de certains sites nucléaires où l’on trouve des « marquages pouvant atteindre des niveaux de l’ordre de 100 µg/L ».
Le graphique et le texte correspondant sont reproduits ci-dessous

Attention à l’échelle logarithmique : la barre 2 « Env. courant » correspond par ex. à 0,5 µg/L

Après avoir examiné ces extraits, indiquez quelle(s) réponse(s) décrive(nt) le mieux le graphique de l’IRSN :
1  : il permet une comparaison facile et pertinente des résultats
2  : il permet une comparaison facile mais fausse des résultats
3  : il contrevient à la règle de base qui impose de comparer des choses comparables
4  : il conduit à minorer la concentration en uranium du constat Dordogne

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Question n°2

Page 35 de son rapport, l’IRSN publie la concentration moyenne pondérée de l’uranium dans l’eau de chacun des secteurs géographiques. Pour le secteur de la mine de La Besse, cette concentration est de 0,22 µg/L. Nous avons listé dans le tableau ci-dessous les 11 résultats d’analyse qui ont servi à l’obtention de cette moyenne pondérée. Si l’on calcule la moyenne (la somme des valeurs divisée par leur nombre), et non une moyenne pondérée, à quel résultat parvient-on ?

1 : 0,18 µg/L
2  : 0,22 µg/L
3  : 0,28 µg/L 
4  : 0,38 µg/L

 

 

 

 

 

 








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Question n°3

La CRIIRAD a ajouté aux 11 résultats précédents, 4 résultats issus du rapport « IRSN 2010 » et portant eux aussi sur des échantillons d’eau prélevés en aval de la mine de La Besse : 2 résultats IRSN (11,3  µg/L et  4,7 µg/L) et 2 résultats AREVA (72 µg/L et 7,1 µg/L). Lorsque l’on calcule la moyenne de ces 15 résultats, on obtient une concentration en uranium de 6,62 µg/L. Si l’on applique la formule de calcul de l’IRSN, quelle la moyenne pondérée obtient-on ?

1  : 3,31 µg/L, soit une moyenne pondérée 2 fois inférieure à la moyenne arithmétique
2  : 0,83 µg/L, soit une moyenne pondérée 8 fois inférieure à la moyenne arithmétique
3  : 0,37 µg/L, soit une moyenne pondérée 18 fois inférieure à la moyenne arithmétique
4  : 0,24 µg/L, soit une moyenne pondérée 28 fois inférieure à la moyenne arithmétique

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Question n°4

Dans la conclusion de son rapport, l’IRSN que « Les différentes analyses effectuées par l’IRSN, dans le cadre du constat, montrent qu’il n’y a pas d’impact perceptible des anciens sites miniers sur l’environnement à l’échelle du bassin versant ».
De quel rapport est extraite la phrase suivante : « En conclusion, les sites miniers semblent avoir un effet sur la concentration en uranium mesurée dans l’eau, indépendamment de la géochimie ».

1  : Rapport AREVA : Bilan de fonctionnement / Corrèze, page 28
2  : Rapport CRIIRAD : Étude d’impact autour du site minier de Saint-Pierre dans le Cantal, page 42
3  : Rapport IRSN : Constat radiologique minier du bassin versant de la Dordogne, page 37

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Question n°5

L’activité du potassium 40 mesurée par l’IRSN dans la viande de cerf et le topinambour est de l’ordre de 1 000 Bq/kg. Selon l’IRSN, pour pouvoir conclure à l’impact d’une mine d’uranium, il faudrait que l’activité des radionucléides de la chaîne de l’uranium 238 soit supérieure à cette valeur. D’après la compilation de l’UNSCEAR, l’instance internationale de référence, quelle est l’activité habituelle de l’uranium 238 dans ce type de denrées alimentaires ?

1  : de 100 à 1 000 Bq/kg
2  : de 10 à 100 Bq/kg
3  : de 1 à 10 Bq/kg
4  : de 0,1 à 1 Bq/kg
5  : < 0,1 Bq/kg

Indice : tableau extrait du rapport UNSCEAR 2000 (voir les rubriques « meat products » (produits carnés) et « root vegetables (légumes racines, tels le topinambour).

Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants

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Question n°6

Le tableau ci-dessous reprend les résultats d’analyse du gardon du rapport IRSN (figure 33, page 43). Si l’on applique la méthode d’interprétation de l’IRSN, on peut exclure tout impact des sites miniers : en effet, l’activité de l’uranium 238 et celle du radium 226 sont respectivement 233 fois et 70 fois inférieures à celle du potassium 40 !

Dans ce second tableau, nous comparons ces mêmes résultats à ceux que l’IRSN a obtenus sur un gardon pêché dans la Dordogne, dans le cadre de l’étude Saint-Pierre.

En comparant les résultats du secteur minier de Saint-Julien à ceux de la rivière Dordogne, quelle(s) conclusion(s) peut-on tirer ?

1 : les activités mesurées dans le gardon de Saint-Julien sont nettement supérieures à celles du gardon pêché dans la Dordogne (de 15 à 20 fois)
2 : les résultats appellent des investigations complémentaires afin de déterminer si ce marquage radiologique est imputable aux mines d’uranium du secteur
3 : les résultats permettent de conclure sans hésitation à l’absence d’impact des mines d’uranium du secteur

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Question n°7

Sur la base des informations des 2 questions précédentes, comment qualifier la méthode d’inter-prétation des résultats de la chaîne de l’uranium 238 basée sur ceux du potassium 40 que l’IRSN a retenue et enseignée aux acteurs locaux

1  : méthode scientifique de référence
2  : méthode empirique mais fiable
3 : méthode dépourvue de fondement scientifique qui peut occulter une contamination conduisant à des niveaux de risque inacceptables

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Question n°8

La figure 29, reproduite ci-dessous, est extraite de la page 41 du rapport IRSN. Elle comporte deux graphiques qui illustrent la corrélation que l’IRSN établit entre la concentration en uranium et l’activité bêta global dans l’eau du secteur Aquitaine. Le graphique de gauche a été élaboré à l’aide des 4 résultats d’analyse présentés dans le graphique de droite : concentration en uranium en µg/L et activité bêta global en Bq/L, chaque résultat étant accompagné, comme on peut le constater, d’une barre d’erreur.


À quels constats conduit l’examen attentif du graphique de corrélation :

1  :  l’IRSN a ajouté un 5ème point fictif de valeur 0 (0 µg/L  et 0 Bq/L)
2  : l’IRSN a contraint la courbe de tendance linéaire à passer par le point fictif 0
3  : l’ajout du point 0 et le passage forcé de la courbe par ce point conduisent à augmenter sensiblement le coefficient de corrélation R2
4  : l’IRSN n’a pas fait figurer les marges d’erreurs et ne les prend pas en compte dans son calcul du coefficient de corrélation
5 : l’IRSN mentionne un coefficient de corrélation R2 avec une précision de 4 chiffres après la virgule, ce qui n’a pas de sens

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Question n°9

IRSN annonce dans son rapport que 50 échantillons d’eau et 25 échantillons de sédiments ont fait l’objet d’analyse pour détermination de la concentration en uranium et de l’activité du radium 226. Pour combien d’échantillons est communiqué le résultat de ces 2 analyses ?

1 : 0 échantillons sur 75
2  : 14  échantillons sur 75
3  : 33 échantillons sur 75
4  : 50 échantillons sur 75
5  : 75 échantillons sur 75

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Question n°10

L’IRSN souligne le caractère novateur de son rapport (y sont intégrés « pour la première fois, des encadrés informatifs afin de permettre au lecteur d’aller plus loin »). On y recense également 16 mentions « POUR EN SAVOIR Ë ». Quelle est leur utilité?

1 : elles permettent, en cliquant sur le lien indiqué, d’accéder directement aux pages Internet contenant les précisions recherchées
2 : elles ne permettent pas de cliquer sur un lien mais indiquent les adresses des pages Internet contenant les précisions recherchées
3 : elles ne permettent pas de cliquer sur un lien et n’indiquent pas l’adresse des pages concernées mais répètent à 15 reprises la même information : l’adresse du site générique du site de l’IRSN www.irsn.fr

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Question n°11

Dans son rapport, l’IRSN souligne que ses actions sont complémentaires des contrôles de l’exploitant et que sa surveillance tient compte des bilans environnementaux d’AREVA. Concernant le département du Cantal (où se trouve le site de Saint-Pierre qui le plus important du bassin versant de la Dordogne), le bilan environnemental (dit aussi de fonctionnement) qu’AREVA devait établir avant fin 2012 est disponible sur le site de la DREAL :

1 : depuis 2012
2 : depuis 2013
3 :  depuis 2014
4 :  depuis 2015
5 : n’est toujours pas disponible à fin juillet 2016

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Question n°12

L’IRSN indique (page 24) : « Le site de Saint-Pierre, dans le Cantal, accueille une installation classée pour la protection de l’environnement stockant 70 000 tonnes de résidus fins issus du traitement du minerai d’uranium. Il accueille également 507 000 tonnes de résidus issus du traitement statique de minerai pauvre : ceux-ci sont stockés dans l’ancienne mine à ciel ouvert (MCO) sur un terrain appartenant à la commune de Saint-Pierre ». Quelle(s) erreur(s) faudrait-il corriger dans ce texte ?

1  : aucune correction n’est nécessaire
2  : l’installation classée pour la protection de l’environnement n’inclut pas seulement les 70 000 t de résidus fins mais la totalité des 577 000 t de résidus
3  : environ 200 000 t de résidus sur les 507 000 t ne proviennent pas de minerai pauvre
4  : la majeure partie du terrain où sont stockées les 507 000 t n’appartient pas à la commune mais à AREVA

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Question n°13

L’IRSN a inséré dans son rapport, au chapitre 7 consacré aux résultats, un encadré intitulé : « EAUX À FORTE TENEUR EN URANIUM : QUELS EFFETS SANITAIRES SUR L’HOMME ? ». Quels éléments sont mis en avant par l’IRSN dans cet encart explicatif :

1 : l’uranium est un métal lourd, toxique sur le plan chimique ;
2 : l’uranium est un émetteur de rayonnements alpha dont les propriétés cancérigènes sont reconnues ;
3 : l’uranium est à la fois un métal lourd et un produit radioactif et ses deux toxicités, chimique et radiologique, peuvent agir en synergie
4 : les résultats des études épidémiologiques consacrées aux effets de l’uranium dans l’eau ne sont pas conclusifs

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