La CRIIRAD a décider
de déposer une plainte auprès de la cour de Justice
de la République afin que soit examinée la responsabilité
des ministres en charge de la protection sanitaire des populations
françaises en 1986.
Notre association a en effet constitué
un dossier très volumineux sur l'impact de Tchernobyl,
les informations erronées par les services responsables
et le défaut de protection des groupes à risque.
Nous pensions qu'au fil des années,
certaines leçons avaient été tirées.
En réalité, c'est l'inverse qui s'est produit.
Le bilan officiel des autorités françaises, établi
fin 1997 et publié sous forme de livre en mars 1999, est
que les responsables de l'époque ont bien fait de ne rien
faire. Voici en effet l'enseignement essentiel que le
directeur de la sûreté des installations nucléaires
retire de l'étude réalisée par l'Institut
de protection et de sûreté nucléaire (IPSN)
en collaboration avec l'OPRI : "au regard des doses estimées,
l'influence des retombées de la catastrophe de Tchernobyl
en France est restée en dessous d'un niveau qui aurait
pu susciter une réaction justifiée sur un plan
sanitaire".
Il nous paraît scandaleux de considérer
que Madame Barzac, alors ministre en charge de la Santé,
a bien fait de diffuser des communiqués conseillant aux
femmes enceintes de ne rien changer à leurs habitudes
alimentaires alors que dans certains secteurs, le lait contenait
des milliers de becquerels d'iode 131 par litre et que le foetus
est particulièrement sensible.
Afin d'échapper aux délais
de prescription, nous souhaitons associer à notre plainte
des personnes qui ont fait partie des groupes les plus exposés
aux retombées radioactives de mai 1986 et qui souffrent
aujourd'hui d'une maladie de la thyroîde. Le fait
de s'associer à l'action de la CRIIRAD n'entraînera
aucune charge financière.
Les critères à prendre
en compte sont principalement :
- le lieu de résidence en
mai 1986 : les zones les plus exposées sont situées
dans une bande orientale allant de la Corse à l'Alsace-Lorraine,
en passant par les Alpes-Maritimes, la Drôme, le Jura ;
- l'alimentation : la forte consommation
de produits frais (lait et fromages frais, légumes, notamment
légumes à larges feuilles type salades, épinards,
blettes...) a fortement augmenté l'exposition ;
- l'âge : à incorporation
égale, les enfants sont plus exposés que les adultes
;
- d'autres facteurs ont pu jouer comme
la profession (agriculteur, forestier, agent de maintenance des
appareils à filtres, etc).