Mine d’uranium d’Imouraren
au Niger :
Un plan d’urgence indispensable avant l’exploitation par Areva
Le déplacement de Nicolas
Sarkozy au Niger avec la présidente du directoire
d’Areva, Anne Lauvergeon, a mis sur le devant de
la scène la future exploitation la mine d’uranium
d’Imouraren. A cette occasion, la CRIIRAD demande
des améliorations concrètes sur les conditions
d’exploitation des mines existantes d’Arlit.
Des mesures indispensables pour la santé des populations
locales et l’environnement.
Mission CRIIRAD au Niger (déc.
2003)
Situé au nord Niger, à 80 kilomètres au sud
d’Arlit, le gisement uranifère d’Imouraren
avait été découvert
par le CEA en 1966. En janvier 2008, Areva a signé un
accord avec le gouvernement du Niger pour l'exploitation des
dépôts
et minéralisations uranifères. Un investissement
de plus de 1,2 milliards d’euros est prévu pour
ce qui constitue, selon l’exploitant « le deuxième
plus grand gisement d’uranium du monde ». Il devrait
selon les prévisions produire 5 000 tonnes par an de
minerai à une
teneur moyenne de 1,1 kg d’uranium par tonne de roches.
Un contrat si important qu’il a en partie motivé la
venue de Nicolas Sarkozy a Niamey avec la présidente d’Areva,
Anne Lauvergeon, le 27 mars 2009.
La CRIIRAD, en partenariat avec l’association AGHIR IN MAN,
intervient depuis de nombreuses années sur la question de
l’exploitation des mines d’uranium existantes au Niger.
Elle demande la mise en œuvre d’un plan
d’urgence visant à apprécier à leur juste mesure - et à limiter
- les risques liés aux gisements en cours d’exploitation.
Il est essentiel que les impératifs de protection de l’environnement
et de la santé des populations soient correctement pris en
compte dans ces projets et ne soient pas sacrifiés à la
seule logique des profits à court terme. Ce plan devrait
traiter des points suivants :
- prise en compte des droits des peuples autochtones ;
-
limitation des risques de pollution des nappes phréatiques au droit des mines et carrières d’uranium ;
-
limitation des quantités d’eau soutirées de nappes
phréatiques non renouvelables ;
-
abaissement des quantités de gaz radioactif rejeté dans
l’atmosphère par les bouches d’aérage
des mines ;
-
définition des modalités de confinement à long
terme des dizaines de millions de tonnes de déchets radioactifs déjà produits par les usines d’extraction
de l’uranium ;
-
mise en œuvre en urgence de dispositifs de protection
des entreposages de résidus radioactifs (limitation des risques d’envol
de poussières radioactives, limitation de l’érosion,
etc.) ;
-
définition des modalités de provisionnement des sommes
qui seront nécessaires pour assurer le réaménagement
des sites après exploitation et la surveillance
radiologique sur des centaines d’années ;
-
récupération de toutes les ferrailles contaminées
disséminées dans le domaine public à ARLIT
et AKOKAN :
- évaluation précise et exhaustive des doses
et des risques subis par les travailleurs et les populations riveraines, et
bénéfice
de la présomption du lien de causalité pour les
travailleurs n’ayant pas bénéficié dans
le passé d’un
suivi radiologique et médical adapté ;
-
reconnaissance des pathologies potentiellement liées à l’exposition
chronique à de faibles doses de radiation ;
-
maintien, après la fermeture des mines, des structures
sanitaires et de la couverture sociale pour les travailleurs et les populations
exposées ;
-
réalisation de missions de contrôle indépendant
de la radioactivité présente dans l’environnement
des mines ;
-
transparence sur les résultats des études d’impact
dosimétrique et radioécologique ;
-
clarification des projets de reconversion des villes d’ARLIT
et AKOKAN après l’épuisement des ressources
en uranium.

Imouraren forage 1 / forage 3 (source : C. Chamberland et M. Roche,
avril 2007)
Il faut souligner qu’à Imouraren, la contamination de
l’environnement a déjà commencé alors
que le gisement n’est pas en exploitation. Les forages de prospection
ramènent des matériaux radioactifs à la
surface, sans aucun confinement ou protection particuliers.
La CRIIRAD restera vigilante en 2009 sur le dossier des
mines d’uranium
au Niger, en partenariat avec l’association AGHIR
IN MAN et son président, M. Almoustapha Alhacen.
Pour en savoir plus sur la situation au Niger, consultez
le dossier Mines
d’uranium au Niger réalisé par
la CRIIRAD en janvier 2008.
Pour plus de renseignements contactez la CRIIRAD : laboratoire@criirad.org
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