Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité

 

Communiqué CRIIRAD du 29 juillet 2009

Appel pour la libération de M. Golden Misabiko en République Démocratique du Congo

La CRIIRAD a été alertée le 26 juillet par une dépêche AFP de l’arrestation et du maintien en détention de M. Golden Misabiko, président de l'Association africaine pour la défense des droits de l'Homme (ASADHO) du Katanga.

Son arrestation est survenue suite à la publication d’un rapport le 13 juillet 2009 par l’ASADHO /KATANGA intitulé :
« Mine uranifère de Shinkolobwe : de l’exploitation illicite artisanale à l’accord entre la RD Congo et le groupe nucléaire français AREVA ».
Dans ce rapport, l’ASADHO/KATANGA dénonce la poursuite de l’exploitation de la mine uranifère de Shinkolobwe malgré sa fermeture officielle par décret présidentiel nŗ 04/17 du 27 janvier 2004 portant classement de Shinkolobwe comme zone interdite à l'activité minière.
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme(*) a lancé un appel pour une intervention urgente afin de faire libérer Golden Misabiko.
La CRIIRAD s’associe à cette démarche et a adressé ce jour, 29 juillet 2009, la lettre suivante aux autorités de la République démocratique du Congo et à ses représentants en France :

 

 

Monsieur le Président,

La CRIIRAD (Commission de recherche et d’information Indépendantes sur la Radioactivité), association française agréée pour la protection de l’environnement, a appris l’arrestation de M. Golden Misabiko, président de l'Association africaine pour la défense des droits de l'Homme (ASADHO) du Katanga.

La CRIIRAD s’associe à l’appel lancé par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme et demande :

- La garantie en toutes circonstances de l’intégrité physique et psychologique de M. Misabiko et de M. Thimothée Mbuya, respectivement Président et vice-président de l'ASADHO/Katanga ;

- La libération immédiate et inconditionnelle de M. Golden Misabiko, arbitrairement détenu, en l'absence de toute charge valable à son encontre ;

- L’arrêt de toute forme de harcèlement à l’encontre de M. Misabiko, de M. Thimothée Mbuya et de tous les défenseurs des droits de l’Homme en République Démocratique du Congo afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

- Le respect des dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme de 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui prévoit que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international » et son article 12.2 qui dispose que « l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration » ;

- Plus généralement, la CRIIRAD demande que soient respectées les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la RDC.

Cela fait plus de 20 ans que la CRIIRAD travaille sur l’impact sanitaire et environnemental de l’exploitation des mines d’uranium, en France et dans le monde. Elle a pu constater l’importance de la mobilisation de la société civile, notamment des associations, qui permet d’identifier les dysfonctionnements, de protéger les personnes et de faire décontaminer les sites. La liberté d’organiser des débats contradictoires, de mener des études indépendantes, de procéder à l’analyse critique des dossiers de l’exploitant et des documents officiels sont les moteurs indispensables des avancées sanitaires, sociales et environnementales. L’exploitation des mines d’uranium ne doit pas se faire au mépris de l’Homme et de l’environnement, en France comme en Afrique.

Je vous remercie de l’attention que vous accorderez à cette demande et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

Roland Desbordes, Président de la CRIIRAD.

Lettre également adressée à :

Messieurs les Ministres des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, de la Justice, des Droits Humains de la République Démocratique du Congo.

Monsieur l’Ambassadeur en France de la République Démocratique du Congo.

 

 

Si vous souhaitez vous associer à cette démarche, vous pouvez personnaliser ce courrier et l’envoyer à :

Le Président de la République, S.E. M. Joseph Kabila, Cabinet du Président de la République, Palais de la Nation, Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo, Email: upp@ic.cd (Adresse E-mail indisponible pour le moment, à défaut vous pouvez envoyer la lettre par fax : +243 88 02 120 ou par courrier à l’adresse indiquée).

- Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, M. Alexis Thambwe Mwamba, Cabinet du Ministre, bâtiment du Ministère des Affaires Etrangères, Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo.

- Le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, M. Luzolo Bambi, Ministère de la Justice et Garde des Sceaux, BP 3137, Kinshasa Gombé, République Démocratique du Congo, Fax: + 243 88 05 521,

- Ministre des Droits Humains, M. Upio Kakura Wapol, Cabinet du Ministre, Boulevard du 30 juin, Kinshasa/Gombe, République Démocratique du Congo, Email: min_droitshumains@yahoo.fr

- Mission permanente de la République démocratique du Congo auprès des Nations unies, Avenue de Budé 18, 1202 Genève, Suisse, Email : missionrdc@bluewin.ch , Fax : +41 22 740.16.82

- Ambassade de la République Démocratique du Congo à Paris :
amb.rdc.paris@wanadoo.fr ; contact@ambardcparis.com ; chancellerie@ambardcparis.com

(*) -Vous trouverez l’appel de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), à l’adresse suivante :
http://www.omct.org/index.php?id=OBS&lang=fr&actualPageNumber=1&articleSet=Appeal&articleId=8690
Le Réseau Sortir du Nucléaire a également lancé un appel pour la libération de Golden Misabiko.
Vous pouvez le trouver à l’adresse :
http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=590

 

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