A quand un grand débat démocratique en France sur le démantèlement
des installations nucléaires et le devenir de leurs déchets ?
7 associations (*) ont déposé lundi 28 juin 2010 un recours devant
le Conseil d'Etat pour obtenir l’annulation du décret n° 2010-402 autorisant EDF à créer une installation dénommée ICEDA – Installation
de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés – sur la commune
de Saint-Vulbas (Ain), près de la centrale nucléaire du Bugey. Ce
décret a été publié au journal officiel le 25 avril 2010.
L'installation a pour but de conditionner et d'entreposer provisoirement
– pendant 50 ans selon EDF …– des déchets très radioactifs venant
de toute la France : déchets produits dans le cadre du programme
de démantèlement des centrales nucléaires de première génération
et du surgénérateur SUPERPHENIX de Creys-Malville et déchets
de même nature issus des centrales en exploitation. Il s’agit
de déchets
activés, rendus radioactifs par leur exposition au flux de neutrons
généré par les fissions.
Or, depuis l’annulation du décret de démantèlement de la centrale
de Brennilis en juin 2007, de nombreuses associations dénoncent
la mise en œuvre du démantèlement des installations, démantèlement
complet
et immédiat, sans débat national préalable et sans étude comparative
des avantages et inconvénients des différentes options (démantèlement
immédiat, démantèlement différé - option préférée par EDF jusqu’en
2001, confinement sur place…).
Concernant le projet de démantèlement de Brennilis, l’absence
de ces études a d’ailleurs été l’une des motivations de l’avis
défavorable
de la commission d’enquête publique, en mars 2010.
Le projet ICEDA, qui constitue l’un des éléments clefs du
programme de démantèlement, participe des mêmes dysfonctionnements.
Des
études comparatives auraient dû être conduites afin de
déterminer si la
création d’ICEDA, installation provisoire, est ou non justifiée.
Ce choix implique, entre autres problèmes, une augmentation
importante des transports de déchets nucléaires dangereux.
Et pourquoi créer aujourd’hui un site d'entreposage provisoire,
pour une durée déclarée de 50 ans, alors qu’aucune solution
de stockage
définitif n’est encore connue ni programmée dans le temps
?
De plus, la convention d’Aarhus, ratifiée par la France
en 2002, prévoit la participation du public au processus
décisionnel,
dès le début et tout au long de la procédure, lorsque
toutes les options
et solutions sont encore possibles. Ce texte mentionne
explicitement les installations nucléaires. Il est
manifeste que les modalités
de création de l’ICEDA n’ont pas respecté ces dispositions.
C’est
une des raisons du dépôt de ce recours.
En outre, l'exploitant et les pouvoirs publics morcellent
les dossiers et les consultations (Brennilis, Bugey
I, Chooz A,
La Hague, Cadarache,
ICEDA …) privant ainsi la population d'une vision
globale et d'une consultation sur le véritable choix : celui
de l'organisation générale
du nucléaire et des filières de gestion.
Par ailleurs, à ce jour, aucun coût n’a été publié
ni pour l’ICEDA, ni pour Brennilis, ni pour aucune
autre
installation
nucléaire
en cours de démantèlement. Les autorités et les
exploitants discourent sur la transparence mais pratiquent
l’opacité.
Il est pourtant
impératif
que le public connaisse le coût du démantèlement
- y compris la gestion de ses déchets - et ses
incidences sur celui
du kWh.
Un grand débat démocratique doit être ouvert en
France sur la question globale du démantèlement
des installations
nucléaires
et du devenir
des déchets radioactifs ainsi générés.
(*) Les 7 associations partenaires :
1/ AHDE : Association Hiéroise de la Défense de l’Environnement,
Mairie -
38118
HIERES SUR AMBY ;
2/ CRIIRAD : Commission de Recherche et d’Information Indépendantes
sur la Radioactivité,
471 avenue Victor Hugo -26000 VALENCE ;
3/ CRILAN : Comité de Réflexion, d’Information et de Lutte anti-nucléaire
10 route d’Etang-Val 50340 LES PIEUX ;
4 / Médiane
MCA rue Résini – 84120 PERTUIS ;
5/ SEPNB ou Bretagne Vivante
186 rue Anatole France BP63121- 29 231 Brest
Cedex ;
6/ Sortir du nucléaire Cornouaille
53 impasse de l’Odet - 29000 QUIMPER ;
7/ Vivre dans les Monts d’Arrée
route de Berrien - 29600 HUELGOAT