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CRIIRAD
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Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité
 


 

Le bilan de l'exercice écoulé
(nov.99 à juil. 2000)

 

1. Le succès de la mobilisation contre l'ajout de radioactivité aux biens de consommation

Plusieurs dossiers nous ont alertés sur l'utilisation de substances radioactives dans la fabrication d'objets usuels : uranium appauvri dans les émaux, tritium dans les montres, américium 241 dans les détecteurs de fumée, etc.
Ces cas, aujourd'hui relativement circonscrits, risquaient de se multiplier car la directive européenne 96/29 prévoyait de transformer le régime d'interdiction en régime d'autorisation préalable délivrée par l'Administration. Nos pétitions ont recueilli des dizaines de milliers de signatures et le ministère de la Santé a finalement accepté d'amender la directive.
Si des dérogations exceptionnelles sont accordées, l'information du consommateur sera assurée. La CRIIRAD a obtenu sur ce point l'appui de la Commission de sécurité du consommateur.

2. L'étude du dossier Cogéma - La Hague

La CRIIRAD a étudié, en mars 2000, le dossier présenté par Cogéma pour la modification du fonctionnement de son usine de retraitement de La Hague. Malgré les nombreuses et graves anomalies que comportait ce dossier, un groupe de 5 experts a donné un avis favorable à sa mise à l'enquête publique, tirant ainsi d'embarras la Cogéma et les pouvoirs publics. La CRIIRAD a présenté un recours hiérarchique demandant l'annulation de la procédure. Le silence des ministères de l'Industrie et de l'Environnement valant décision implicite de rejet, le dernier trimestre de l'année 2000 sera consacré à la saisine du tribunal compétent.

3. Autres dossiers de l'année 2000

La maison contaminée de Gif-sur-Yvette et le dépôt d'une plainte au TGI d'Evry.
La radioactivité naturelle élevée découverte sur des plages de Camargue.
Les contrôles à la halte-garderie de la rue Chomel (Paris VIIème) et l'enquête sur les responsabilités.
Les études radiologiques et expertises réalisées par le laboratoire.

 

Les projets pour 2001

 

1.TCHERNOBYL : publication d'un dossier de référence et action en justice

Ce que l'on pensait acquis au lendemain de l'accident est aujourd'hui remis en question : les articles assurant que ni les autorités, ni le SCPRI n'ont menti aux Français en mai 1986 se multiplient ; plus grave, les services qui ont aujourd'hui en charge la gestion des situations accidentelles (DSIN, IPSN, OPRI) ont conclu que les responsables de 1986 avaient bien fait de ne rien faire pour limiter l'exposition des populations (cf. rapport sur les conséquences de Tchernobyl présenté en 1997 et publié en 1999).
La CRIIRAD publiera en 2001 un dossier de référence présentant les preuves des dysfonctionnements et mensonges des pouvoirs publics, la carte des dépôts radioactifs en 1986, la carte de la contamination des sols en césium 137 incluant une large partie de l'Europe, des Alpes à l'Ukraine.
Ce projet sera doublé d'une action en justice basée sur les dossiers de personnes particulièrement exposées à l'iode 131 en mai 86 et qui souffrent aujourd'hui d'un cancer de la thyroïde.

 

2. URANIUM APPAUVRI : après le civil, le militaire

Après avoir obtenu gain de cause pour les utilisations civiles de l'uranium appauvri, la CRIIRAD va enquêter sur les utilisations militaires de cette matière radioactive.
Au programme : des contrôles sur les sites de fabrication et d'essais des munitions et blindages à l'uranium appauvri ; la publication d'un dossier explicatif en réponse aux contrevérités diffusées par les services officiels ; l'organisation d'une mission dans les pays où les armes à l'uranium appauvri ont été utilisées (soit le secteur Bosnie-Kosovo-Serbie, soit le secteur Irak-Koweit, en fonction des possibilités logistiques et financières) ; le lancement d'une pétition contre l'utilisation d'une matière radioactive dans les conflits armés qui conduit à une contamination environnementale qui pèsera pendant des générations et des générations sur les populations civiles.

3. MATIERES RADIOACTIVES : les risques de dissémination

Le succès obtenu sur le dossier des biens de consommation ne doit pas faire oublier certaines dispositions inquiétantes de la directive 96/29, en particulier les seuils d'exemption et de libération. Avant même que les décrets de transposition de la directive ne soient publiés, plusieurs organismes ou industriels français utilisent déjà les limites d'exemption comme des limites de non contamination des sites, matières et déchets (seuil de 1 000 Bq/kg pour le plutonium 239, de 10 000 Bq/kg pour le césium 137, de 1 000 000 Bq/kg pour le tritium ! ).
Par ailleurs, les premiers dossiers de démantèlement d'installations nucléaires ont montré que le public n'avait aucune garantie sur le devenir des matériaux type béton et ferrailles faiblement contaminés. Sur ce point également, la directive autorise un régime particulièrement laxiste (seuils de libération génériques) déjà mis en oeuvre en Belgique et aux Pays-Bas.

 

Actualité : mission en UKRAINE

 

En octobre 2000, une équipe de la CRIIRAD s'est rendue en Ukraine où elle a procédé à des mesures de radioactivité dans la région de Kiev et la zone interdite. Les résultats d'analyse ne seront pas disponibles avant le mois de novembre.
Cette mission a été décidée en mai 2000, en réaction contre les bilans scandaleusement minorés publiés par l'AIEA et l'ONU (UNSCEAR) : le seul impact de Tchernobyl serait l'augmentation des cancers de la thyroïde chez les enfants, cancer présenté comme aisément guérissable.
Les contacts pris sur place devront permettre d'établir une collaboration à plus long terme afin de faire entendre en France la voix des victimes et des chercheurs indépendants.

 

 

Pour tout renseignement sur le fond des dossiers, contacter Corinne Castanier, directrice de la CRIIRAD.


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