Contamination par le ruthénium 106

 

Présentation

Un énorme rejet de ruthénium 106, un produit radioactif artificiel, s’est produit en septembre 2017 (au plus tard le 26) en un lieu indéterminé, probablement situé en Russie.  La contamination a été détectée dans l’air de plusieurs pays européen début octobre.

En Autriche, République Tchèque, Hongrie, Bulgarie, Ukraine et dans le NE de l’Italie, les concentrations ont pu atteindre plusieurs dizaines de mBq/m3, voire dépasser 100 mBq/m3 (en Roumanie). En France, la contamination n’était détectable que sur le littoral SE et à des niveaux très inférieurs (maximum de 46 µBq/m3 mesuré à Nice sur la période du 2 au 9 octobre).

Ces niveaux ne nécessitaient pas la mise en œuvre de mesures de protection mais la CRIIRAD s’est aussitôt souciée des risques encourus au niveau local, au plus proche du point de rejet. Ses appels sont restés lettre morte : ni l’Europe, ni l’OMS, ni l’AIEA n’ont lancé d’appel à investigation ou de  mise en garde sur les risques d’exposition des travailleurs et de la population locale.

Le 9/10/2017, les modélisations des organismes d’expertises français (IRSN) et allemand (BfS) ont désigné le sud de l’Oural comme la localisation la plus probable du rejet. Le 9/11/2017, l’IRSN a publié une note retenant comme scénario le plus probable un rejet de 100 à 300 TBq, survenu entre la Volga et l’Oural et qui aurait nécessité des mesures de protection de la population (évacuation, confinement) dans un rayon de 5 km et le contrôle des denrées alimentaires jusqu’à 40 km de distance.

Par courrier en date du 17/11/2017, la CRIIRAD a interpellé l’OMS et l’AIEA, puis lancé un appel à une totale transparence, dénonçant le blocage des informations à de nombreux niveaux (Europe, AIEA, Fédération de Russie, organismes d’expertises). Une nouvelle démarche a été effectuée le 20/12/2017 auprès de Nicolas Hulot.

Le 20/11/2017, plusieurs médias ont annoncé qu’une agence fédérale russe avait mesuré des niveaux de contamination extrêmement élevés dans le secteur du centre nucléaire de Maïak, au sud de l’Oural. Certains articles concluaient aux « aveux de la Russie » Se basant sur son analyse des documents russes, la CRIIRAD a démenti ces informations par 2 communiqués successifs, le 21/11/2017 et le 22/11/2017 : les concentrations mesurées étaient en effet comparables à celles enregistrées dans plusieurs pays européens (cf. carte CRIIRAD).

Dans un communiqué daté du 20/12/2017, la CRIIRAD rendait publique son analyse critique des conclusions de la commission d’enquête russe.

À ce jour, le mystère reste entier sur l’origine du ruthénium 106.

Rapport CRIIRAD

Analyse de sols prélevés autour de Mayak (Note 18-21 du 16 février 2018)

Cartes

Précisions sur la carte de contamination atmosphérique
Carte des concentrations de ruthénium 106 dans l’air (résultats exprimés en mBq/m3)
Carte des dépôts de ruthénium 106 sur les sols russes  (résultats exprimés en Bq/m2)

Communiqués CRIIRAD

Communiqué CRIIRAD du 20/12/2017 : critique des conclusions de la commission d’enquête
Communiqué CRIIRAD du 22/11/2017 : mise au point n°2
Communiqué CRIIRAD du 21/11/2017 : mise au point n°1
Communiqué CRIIRAD du 21/11/2017 : interpellations OMS +AIEA et appel à transparence
Communiqué CRIIRAD du 10/11/2017
Communiqué CRIIRAD du 11/10/2017
Communiqué CRIIRAD du 05/10/2017 : trouver d'urgence l'origine de la pollution

Lettres CRIIRAD

Lettre de la CRIIRAD à Nicolas HULOT – 20/12/2017
Lettre de la CRIIRAD à l’AIEA – 17/11/2017
Lettre de la CRIIRAD à l’OMS – 17/11/2017

Autres informations

Conclusions de la commissions d’enquête russe
AIEA : status of measurements of Ru-106 in Europe
AIEA : status of Ru-106 measurements / technical attachment
Bulletin hebdomadaire du 6 au 13 octobre 2017 (ROSGUIDROMET)
Rapport mensuel de septembre 2017 (ROSGUIDROMET)
Informations sur le site nucléaire de Mayak